Darfour : Le Conseil de sécurité informé des défis du processus de paix

20 mai 2010

Malgré la récente amélioration des relations entre le Soudan et le Tchad et le déroulement pacifique des élections soudanaises en avril, le Représentant spécial conjoint de l'ONU et de l'Union africaine au Darfour (Soudan), Ibrahim Gambari, s'est inquiété jeudi devant le Conseil de Sécurité des « progrès limités » de la mise en œuvre des accords de paix signés en début d'année entre le gouvernement et des groupes rebelles.

Le Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, s'est également dit préoccupé par les récents affrontements armés entre troupes gouvernementales et groupes rebelles au Darfour et a appelé toutes les parties à se rallier aux accords de cessez-le-feu de Doha.

« Je souhaiterais insister sur la nécessité pour toutes les parties à rester engager dans les négociations de paix de Doha afin d'aboutir à un accord global sur le conflit au Darfour dès que possible », a martelé Ibrahim Gambari lors d'un exposé devant le Conseil.

Depuis la signature des différents accords de paix avec les groupes rebelles, « les parties n'ont pas été en mesure de se mettre d'accord sur un accord de paix final avant la date butoir du 15 mars ou sur la mise en œuvre d'un protocole de cessez-le-feu », a-t-il ajouté.

Ces dernières semaines les rebelles du Mouvement pour la justice et l'égalité (JEM) ont lancé des offensives contre les troupes gouvernementales dans trois provinces du Darfour. La Mission de l'Union africaine et des Nations Unies au Darfour (MINUAD) a également essuyé récemment des attaques de l'Armée de libération du Soudan (ALS) au sud et à l'ouest du Darfour. L'ALS refuse toujours de participer aux négociations de paix, a précisé le Représentant spécial.

« La crise du Darfour ne se résoudra pas au travers de moyens militaires mais au travers de négociations et de processus politique. Je vais continuer à utiliser chaque opportunité pour bien faire comprendre mon avis aux parties », a dit M. Gambari.

A la suite d'une rencontre consultative entre l'Union africaine et l'ONU à Addis-Abeba, en Ethiopie, les 7 et 8 mai dernier, la MINUAD a commencé à appliquer les stratégies recommandées notamment « l'engagement systématique des nouveaux responsables politiques élus, des déplacés, des refugiés, des tribus arabes, des chefs traditionnels, de l'administration locale, des femmes, des jeunes et tous autres représentants de la société civile », a fait savoir M. Gambari.

« La rétention des 2,3 millions de déplacés dans les camps du Darfour constituent une bombe a retardement comme l'ont démontré d'autres expériences ailleurs (Liban ou Gaza) », a alerté le Représentant spécial en soulignant le besoin urgent que le plan de retour volontaire des déplacés soit poursuivi et soutenu financièrement. Il a aussi déploré les attaques et les kidnappings perpétrés contre les personnels des Nations Unies et humanitaires.

Le Représentant spécial a par ailleurs exprimé les besoins de renforcer les moyens de la MINUAD notamment avec des hélicoptères afin d'augmenter les capacités de surveillances des zones à risques.

 

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