RDC : Les besoins humanitaires sont toujours considérables, selon Holmes

4 mai 2010

A l'issue de cinq jours de visite dans les zones touchées par les violences armées en République démocratique du Congo (RDC), le Secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires des Nations Unies et Coordonnateur des secours d'urgence, John Holmes, a estimé que les besoins humanitaires restaient considérables et que les civils avaient toujours besoin d'être protégés.

« La situation en RDC reste complexe et les besoins humanitaires sont très importants. Des problèmes de protection graves continuent d'affecter les civils dans l'est, le nord-est et le nord-ouest du pays et sont la source de souffrances à grand échelle pour des centaines de milliers de personnes vulnérables », a dit M. Holmes qui s'est rendu au cours des cinq derniers jours dans trois zones du pays fortement touchées par la violence armée: le Sud-Kivu, le District du Haut-Uele dans la Province Orientale, et la Province de l'Equateur.

A chacune de ses visites, il a rencontré les autorités provinciales, les représentants de la Mission de l'Organisation des Nations Unies en République démocratique du Congo (MONUC) ainsi que les acteurs humanitaires et citoyens ordinaires touchés par ces crises.

Lundi, M. Holmes a rencontré le Président de la RDC, Joseph Kabila, et le Premier Ministre, Adolphe Muzito à Kinshasa, la capitale du pays. Lors de ces entretiens, il a souligné que les besoins humanitaires dans le pays restaient considérables. « Je suis persuadé que la coopération entre le Gouvernement et les Nations Unies se poursuivra dans ce domaine. Nous sommes déterminés à répondre aux besoins pressants de la population, mais nous devons également nous attaquer à leurs causes sous-jacentes », a-t-il dit.

La présence constante de la MONUC a pour le moment une importance considérable pour la conduite des activités humanitaires et la sécurité des acteurs, a estimé M. Holmes. « Dans de nombreuses régions, la MONUC agit comme force de dissuasion contre ceux qui terrorisent et attaquent tant les civils que les humanitaires », a-t-il ajouté.

« Le soutien de la MONUC, en particulier en Province Orientale, dans la Province de l'Equateur mais également dans les Kivus, est essentiel à la fourniture d'une aide vitale à ceux qui sont dans le besoin ». S'agissant de la protection des civils, M. Holmes a insisté sur l'importance d'accélérer la réforme du secteur de la sécurité en raison des abus que commettent les Forces armées de la RDC (FARDC) elles-mêmes, et de leurs conséquences humanitaires.

Le Secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires de l'ONU a ensuite rencontré les représentants de pays donateurs à Kinshasa. L'ONU a lancé un appel de fonds humanitaire qui s'élève à 828 millions de dollars dont seulement 27% ont été reçus à ce jour. En 2009, sur les 946 millions de dollars demandés, 686 millions avaient été reçus.

« Nous aidons les Congolais à survivre et, dans la mesure du possible, à vivre dans la dignité. Je souhaite que les donateurs continuent de faire preuve de générosité et nous aident face à l'ampleur des besoins actuels », a dit M. Holmes.

De son côté, le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) a indiqué mardi que ses équipes avaient pu à nouveau se rendre auprès de 35.000 réfugiés en République du Congo originaires de villages situés de l'autre côté du fleuve Oubangui en République démocratique du Congo (RDC).

Ce groupe fait partie des 114.000 réfugiés qui ont fui des affrontements déclenchés en octobre dernier à la suite de conflits sur les conditions d'exercice du droit de pêche et d'agriculture dans la Province Equateur au nord-ouest de la RDC, a précisé un porte-parole du HCR, Andrej Mahecic, à Genèv.

Des opérations pour la restauration de la paix menées par l'armée nationale de RDC contre des milices ethniques dans la province de l'Equateur avaient entravé l'accès aux réfugiés ces cinq dernières semaines. Après la récente levée des restrictions de sécurité, le HCR a pu reprendre l'assistance humanitaire.

« Nos équipes vérifieront également des informations faisant état de nouveaux arrivants depuis la RDC », a dit M. Mahecic. « L'assistance aux réfugiés dans cette région d'Afrique est l'une des opérations logistiques les plus complexes pour le HCR à travers le monde », a-t-il ajouté, soulignant que les 114.000 refugiés sont dispersés dans une centaine de sites différents sur une bande de 600 kilomètres le long du fleuve Oubangui.

« L'opération nécessite beaucoup de temps et de ressources. Par exemple, il a fallu plus de deux jours à nos équipes pour un trajet en bateau d'une distance de 287 kilomètres entre Impfondo, la capitale provinciale du nord du Congo, et Liranga », a souligné M. Mahecic.

Parallèlement, le HCR prévoit de renforcer sa présence dans la province de l'Equateur où environ 30.000 personnes sont toujours déplacées depuis octobre dernier, a-t-il ajouté.

 

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