L'ONU appelle les Etats et la société civile à défendre la liberté d'information

3 mai 2010

A l'occasion de la Journée mondiale de la liberté de la presse célébrée le 3 mai, l'ONU a fermement condamné les assassinats et les intimidations de journalistes et toutes les entraves auxquelles ils font face dans le monde entier.

« La liberté d'expression est un droit fondamental, consacré à l'article 19 de la Déclaration universelle des droits de l'homme. Mais dans le monde entier, des gouvernements et d'autres détenteurs de pouvoir trouvent de nombreux moyens de l'entraver », a déclaré lundi le Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon dans un message.

« La liberté d'information est le principe selon lequel les organisations et les gouvernements ont le devoir de communiquer ou de rendre facilement accessibles les informations qu'ils détiennent à quiconque souhaite en prendre connaissance, en vertu du droit du public d'être informé », a dit pour sa part la Directrice générale de l'Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO), Irina Bokova.

L'UNESCO a condamné l'an dernier les meurtres de 77 journalistes. La plupart de ces journalistes ne couvraient pas des conflits, mais des sujets locaux dans des pays en paix.

« Les obstacles à notre droit de savoir prennent des formes diverses, qui peuvent aller du manque de ressources et d'infrastructures adaptées, à l'obstruction délibérée. Bien trop de journalistes font leur métier dans un contexte où des restrictions sont imposées à l'information, où les pressions, le harcèlement, l'intimidation, voire les agressions physiques, font partie du quotidien », a dit Mme Bokova.

M. Ban a pour sa part souligné les risques qu'encourent les journalistes qui « s'exposent à des mesures d'intimidation ou à l'emprisonnement, voire risquent leur vie, simplement parce qu'ils exercent leur droit de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit ».

Le thème choisi cette année est « La liberté d'information : le droit de savoir ». « Je me félicite de la tendance, constatée au niveau mondial, à l'adoption de nouvelles lois qui reconnaissent le droit universel d'accès à l'information détenue par des organismes publics », a indiqué M. Ban.

Pour Mme Bokova « le droit de savoir est la clé d'autres droits fondamentaux, et le gage de plus de transparence, de justice et de développement ». « Avec la liberté d'expression, qui lui est complémentaire, il est l'assise même de la démocratie », a-t-elle insisté.

Elle a remis le Prix mondial de la liberté de la presse UNESCO à la journaliste chilienne Mónica González Mujica au cours d'une cérémonie qui a eu lieu lundi, à Brisbane en Australie.

Née en 1949, Mónica González Mujica a passé quatre années en exil après le coup d'Etat de 1973 au Chili. Elle est retournée en 1978 dans son pays, où le harcèlement des services secrets lui a fait perdre son travail à plusieurs reprises. En tant que journaliste, elle a enquêté sur des violations des droits de l'homme ainsi que sur les activités financières de l'ancien chef d'Etat chilien, le général Pinochet, et de sa famille.

« Nous n'avons pas forcément conscience d'exercer notre droit de savoir. Mais chaque fois que nous ouvrons un journal, que nous allumons la télévision ou la radio à l'heure des informations, ou que nous nous connectons à Internet, la qualité de ce que nous voyons ou entendons repose sur l'accès de ces médias à des informations exactes et à jour », a déclaré Mme Bokova.

« J'invite tous ceux qui célèbrent la Journée mondiale de la liberté de la presse partout dans le monde à observer une minute de silence en mémoire des journalistes qui ont payé de leur vie notre droit de savoir », a dit Mme Bokova. « J'appelle les gouvernements, la société civile, les médias et chacun à se mobiliser aux côtés de l'UNESCO pour promouvoir la liberté d'information dans le monde entier ».

Pour la première fois depuis 15 ans, le Rapporteur spécial de l'ONU sur la promotion et la protection du droit à la liberté d'opinion et d'expression, Franck La Rue effectuera une mission d'enquête en Corée du Sud du 6 au 17 mai afin d'évaluer le respect de la liberté d'expression et d'opinion dans le pays. Il soumettra un rapport sur cette mission au Conseil des droits de l'homme en 2011.

 

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