Nucléaire : Le désarmement doit être une réalité, plaide Ban Ki-moon

3 mai 2010

A l'occasion de l'ouverture lundi au siège de l'ONU à New York de la Conférence d'examen du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP) qui doit réunir plus de 100 pays, le Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon a appelé les Etats parties à s'engager pleinement sur la voie du désarmement et de la non-prolifération nucléaire.

« Les espoirs et les attentes sont grandes. La population du monde entier nous observe », a dit M. Ban en exhortant les Etats à « construire un monde plus sûr ».

« Le désarmement et la non-prolifération sont une de mes principales priorités. Nous savons tous que c'est possible. Mais honnêtement, cet ordre du jour a été abandonné depuis trop longtemps. C'est pourquoi je sonne l'alarme de la menace des armes nucléaires », a déclaré Ban Ki-moon. « J'ai élaboré un plan d'action concret, convaincu que notre moment est maintenant », a-t-il ajouté.

Le Secrétaire général a salué les récentes initiatives en faveur du désarmement et de la non–prolifération nucléaire notamment le nouvel accord START signé entre les Présidents Barack Obama des Etats-Unis et Dmitri Medvedev de la Fédération de Russie qui vise à réduire les arsenaux nucléaires des deux pays.

Ban Ki-moon a également souligné l'importance du Sommet de Washington sur le terrorisme nucléaire qui s'est déroulé récemment et dont les discussions se prolongeront d'ici deux ans par un autre Sommet qui se tiendra à Séoul en Corée du Sud.

La mobilisation de la société civile pour le désarmement et la non-prolifération se fait plus forte, estime M. Ban, qui a rappelé aux Etats-parties que la précédente Conférence d'examen du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP) qui s'est tenue il y a cinq avait été un véritable échec.

« Cette fois, nous pouvons, et nous devons faire mieux », a plaidé M. Ban.

Le Secrétaire général a présenté les principaux axes de son plan d'action et les engagements majeurs qu'il souhaite voir se concrétiser pendant la Conférence.

Il a exhorté les Etats qui détiennent des armes nucléaires à réaffirmer « l'engagement sans équivoque » d'éliminer les armes nucléaires. « Echouer à le faire serait un retour en arrière. Il est temps de traduire ces engagements en actes », a-t-il dit.

M. Ban a appelé les Etats qui ne sont pas parties au Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP) à le ratifier au plus vite. Puis, il a souligné l'importance de renforcer le dispositif de normes internationales afin de compléter le TNP.

La Convention sur le terrorisme nucléaire, la Conférence du désarmement et le rôle de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) doivent être renforcées, a-t-il estimé. Selon lui, « les zones exemptes d'armes nucléaires sont une contribution significative pour le désarmement et la non-prolifération ». Il a plaidé pour la création de telles zones dans le monde entier notamment au Moyen-Orient.

« J'appelle l'Iran à pleinement respecter les résolutions du Conseil de Sécurité et à pleinement coopérer avec l'AIEA », a indiqué M. Ban. « Et j'encourage le Président d'Iran à s'engager de manière constructive. Soyons clair : la responsabilité repose sur l'Iran de clarifier les doutes et les inquiétudes sur ses programmes » nucléaires, a-t-il ajouté. Le Président iranien Mahmoud Ahmadinejad a participé à l'ouverture de la Conférence à New York.

Enfin, le Secrétaire général a exhorté les Etats à mettre en œuvre le TNP et à créer des outils de contrôle plus fort notamment en cas de non-respect du Traité.

« Maintenant c'est le moment de tenir l'engagement d'une des plus grandes aspirations de l'humanité », a conclu M. Ban.

De son côté, le directeur général de l'AIEA, Yukiya Amano a appelé lundi l'Iran à « clarifier ses activités » nucléaires. Il a indiqué que le manque de coopération du pays a empêché l'agence de vérifier que ses installations ne sont pas en train d'être converties en un programme d'armement.

M. Amano a également souligné que l'AIEA n'a pas été en mesure de confirmer la nature des activités nucléaires de la République populaire démocratique de Corée qui a cessé toute coopération avec l'agence l'année dernière.

En réponse aux propos du Secrétaire général de l'ONU, le Président iranien a déclaré à la Conférence que son pays avait accepté l'accord de l'AIEA sur l'échange de combustible et que « la balle est dans le camp de ceux qui devrait accepter notre proposition ».

Il a également critiqué la manière dont « certains pays dotés de l'arme nucléaire exploitent » le Conseil de sécurité et l'AIEA. « Cette pratique injuste est répétée encore et encore », a-t-il affirmé.

« La possession d'armes nucléaires n'est pas une source de fierté ; c'est même écœurant et honteux », a dit M. Ahmadinedjad.

MM. Ban et Ahmadinedjad ont eu un entretien en tête à tête à l'issue de la Conférence. Le Secrétaire général de l'ONU a réitéré son appel à l'Iran à appliquer les résolutions du Conseil de sécurité et à coopérer davantage notamment sur l'accord sur l'échange de combustible afin de dissiper les doutes sur la nature des installations iraniennes.

Le Secrétaire général s'est également exprimé ce weekend depuis l'Eglise de Riverside à New York en faveur d'un monde exempt d'armes nucléaires. Ce lieu revêt une portée historique spécifique : c'est depuis cette église que Martin Luther King a dénoncé la guerre du Viet Nam et que l'ancien Président sud-africain Nelson Mandela a fait une déclaration publique juste après être sorti de prison lors de sa première visite aux Etats-Unis.

 

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