En visite en RDC, Holmes condamne les violences de la LRA

3 mai 2010

En visite en République démocratique du Congo, le Secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires des Nations Unies et Coordonnateur des secours d'urgence, John Holmes, a vivement condamné les violences commises par les rebelles ougandais de l'Armée de Résistance du Seigneur (LRA) dans le nord-est du pays.

« L'Armée de résistance de seigneur [LRA] ne cesse de commettre des atrocités abominables à l'encontre des habitants du district qui sont maintenant déplacés sans espoir de rentrer chez eux dans un futur proche », a déclaré samedi M. Holmes lors d'une visite dans le district du Haut-Uele, en Province Orientale, à la frontière avec le Soudan et la République centrafricaine (RCA).

« Ceci est inacceptable. Nous avons besoin de trouver une solution à ce qui est devenu une crise régionale », a-t-il ajouté.

La région a été le théâtre de l'un des massacres les pires qu'ait commis la LRA récemment. Pendant la deuxième semaine de décembre, plus de 300 civils auraient été tués et plus de 250, dont 80 enfants, pris en otage. Depuis décembre 2007, on estime à environ 1.800 le nombre de civils tués par la LRA et à 2.400 le nombre de personnes prises en otage dans toute la Province Orientale. Dans le village de Niangara, M. Holmes a été en mesure d'entendre les témoignages épouvantables de survivants, notamment une femme qui a eu les lèvres et oreilles arrachées il y a deux semaines au cours d'une attaque de la LRA.

Lors de réunions avec les autorités et les acteurs humanitaires tenues à Niangara et à Kisangani, capitale provinciale, M. Holmes a fait part de sa préoccupation quant aux effets négatifs qu'aurait un retrait éventuel de la Mission de l'Organisation des Nations Unies en République démocratique du Congo (MONUC) sur la protection des civils et l'accès humanitaire. « La MONUC a un effet dissuasif sur la LRA et sa présence est également essentielle aux opérations humanitaires dans la Province Orientale », a-t-il déclaré. « Je crains que le départ de la MONUC n'augmente leur souffrance et ne réduise notre capacité à les aider ».

Outre en RDC, la LRA a mené des attaques contre les civils au Sud-Soudan et en République centrafricaine après avoir été chassée du nord de l'Ouganda il y a quelques années.

Dimanche, John Holmes a poursuivi son périple en RDC, en se rendant dans la Province de l'Equateur, dans le nord-ouest de la RDC. Il a visité Dongo, face à la République du Congo de l'autre côté de la rivière Oubangui, et qui a été la cible d'une attaque en octobre 2009.

« J'ai été particulièrement bouleversé par les témoignages décrivant la façon dont les habitants ont souffert aux mains d'individus armés », a-t-il déclaré. « Nombre d'entre eux ont été décapités ou tués cruellement tandis que certains endroits de la ville ont été brûlés et pillés ».

Dongo a été l'épicentre de la dernière vague de violence armée qui a de nouveau éclaté en octobre 2009 dans la Province. Alimentée par des différends de longue date relatifs aux droits de pêche et d'exploitation agricole, la violence, qui était au départ de nature intercommunautaire, s'est peu à peu intensifiée et a pris la forme d'une sorte d'insurrection armée. Au plus fort de la crise, plus de 200.000 personnes avaient quitté leur foyer et avaient trouvé refuge dans les pays voisins, notamment en République du Congo de l'autre côté de la rivière, ou s'étaient déplacées à l'intérieur du pays.

En réponse aux besoins humanitaires, les entités des Nations Unies et les organisations non gouvernementales (ONG) ont fourni une aide alimentaire, des soins de santé, des services d'adduction d'eau et d'assainissement. La réponse humanitaire s'est trouvée renforcée en février 2010 par l'ouverture à Dongo de la « maison des humanitaires » par le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA), où les acteurs humanitaires travaillent et vivent.

« La priorité est le rétablissement d'une paix durable et la réconciliation entre les communautés, ce qui facilitera le retour de ceux qui ont fui. La perspective d'une nouvelle vague de violence suscite de fortes peurs, étant donné notamment que l'instigateur de cette violence, connu sous le nom d'Odjani, est toujours en liberté », a déclaré M. Holmes. « Mais il est aussi nécessaire de créer des conditions permettant aux habitants de revenir, et de fournir en particulier des abris, des services de santé et d'éducation ».

A l'heure actuelle, au moins 114.000 réfugiés se trouvent en République du Congo et 18.000 autres se trouveraient en République centrafricaine. Les Nations Unies et ses partenaires non gouvernementaux fournissent non seulement une aide en RDC mais ils ont également lancé un appel éclair en mars 2010 demandant 59 millions de dollars américains pour répondre aux besoins de ceux qui ont fui le pays. Jusqu'à présent, les contributions s'élèvent à 17,7 millions de dollars américains, dont 5,3 millions proviennent du Fonds central d'intervention pour les urgences humanitaires (CERF) que gère OCHA.

 

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