Pakistan : L'aide est toujours nécessaire dans la vallée de Swat

30 avril 2010
Une famille au Pakistan avec de l'aide fournie par le HCR.

Les effets de la crise humanitaire provoquée par l'offensive militaire contre les insurgés dans le nord-ouest du Pakistan il y a un an persistent malgré le retour de la plupart des 2 millions de personnes qui avaient fui les combats, a estimé vendredi le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (UNHCR).

« Aujourd'hui, Mingora, la capitale de Swat, est de nouveau une ville animée, mais le coût humain du conflit se fait encore sentir dans cette ville ainsi que dans toute la vallée de Swat », a dit un porte-parole du HCR Andrej Mahecic lors d'un point de presse à Genève.

Le HCR et ses partenaires ONG aident certains des rapatriés les plus vulnérables en construisant des logements pour les civils dont les maisons et d'autres possessions ont été perdues. De nombreuses familles ont perdu leur soutien de famille et d'autres proches. Les civils restent traumatisés et ils ont besoin d'une aide psychologique.

Dans les vallées de Swat, de Buner et de Lower Dir, le HCR travaille avec des organisations partenaires pour construire plus de 12.000 abris pour les familles dont les maisons ont été gravement endommagées ou détruites.

Le HCR et ses partenaires ONG ont mis en place 15 centres de protection sociale à Swat et Lower Dir, où des psychologues continueront à assurer une aide psychologique aux personnes traumatisées. Plus de 30.000 personnes vulnérables ont déjà été bénéficiaires d'une aide psychologique depuis novembre 2009. Deux autres centres de ce type ont été ouverts à Peshawar.

En outre, « la crise de déplacement dans le nord-ouest du Pakistan n'est pas terminée », a rappelé le porte-parole du HCR. En plus des civils qui ont fui en mai dernier, quelque 1,3 million de personnes originaires de la province des Zones tribales sous administration fédérale sont toujours déplacées dans différentes parties de Khyber Pakhtunkhwa, le nouveau nom de la Province frontière du Nord-Ouest.

Un grand nombre de civils originaires de Bajaur vivent dans des camps depuis plus de 18 mois, tandis que des personnes originaires d'Orakzai et de Kurram ont fui plus récemment. Des civils continuent à fuir les zones de conflit. En avril, quelque 85.000 personnes déplacées originaires des provinces de Kurram et d'Orakzai ont été nouvellement enregistrées par les autorités locales à Hangu, Kohat et Peshawar.

De son côté, le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA) a lancé un cri d'alarme vendredi sur les problèmes financiers rencontrés par la communauté humanitaire au Pakistan.

De nombreuses agences ont indiqué que des projets avaient été réduits ou interrompus et de nouveaux n'ont pas été lancés parce que l'argent fait défaut. Deux mois après le lancement de l'Appel de fonds humanitaire pour le Pakistan, seulement 24% des fonds réclamés ont été octroyés. « Cela signifie que si l'assistance financière n'est pas reçu immédiatement, il y a un risque que des programmes vitaux soient suspendus », a souligné OCHA.

 

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