Ban : Il faut saisir l'opportunité d'instaurer un monde sans armes nucléaires

28 avril 2010
A l'intérieur du musée sur l'ancien site d'essais nucléaires à Semipalatinsk, au Kazakhstan.

Alors que la Conférence d'examen du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP) s'ouvre lundi 3 mai au siège de l'ONU à New York, le Secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon, appelle les pays à saisir la fenêtre d'opportunité actuelle pour instaurer un monde exempts d'armes nucléaires.

« Des dirigeants vont se réunir au siège de l'Organisation pour la Conférence d'examen périodique du Traité de non-prolifération. Leur réunion précédente, tenue il y a cinq ans, avait été un échec reconnu », écrit M. Ban dans une tribune publiée mercredi dans le quotidien américain International Herald Tribune. La Conférence d'examen doit durer jusqu'au 28 mai.

« Cette année, en revanche, nous pouvons constater des progrès concernant une série de questions. Nous ne devrions pas faire preuve d'irréalisme dans nos attentes. Mais nous ne pouvons pas non plus nous permettre de ne pas saisir cette occasion pour faire des progrès : sur le désarmement, sur le respect des engagements en matière de non-prolifération, y compris en ce qui concerne la création d'une zone exempte d'armes nucléaires au Moyen-Orient, et sur l'utilisation pacifique de l'énergie nucléaire », ajoute-t-il.

Le Secrétaire général souligne les étapes importantes qui ont été franchies récemment et invité les Etats à continuer dans cette voie.

« Lors d'un récent sommet sur la sécurité nucléaire qui s'est tenu à Washington, 47 dirigeants du monde entier sont convenus de faire tout ce qui était nécessaire pour sécuriser les armes et matières nucléaires. Le sentiment d'urgence qu'ils partagent reflète une réalité reconnue, à savoir que le terrorisme nucléaire ne relève pas de l'imagination hollywoodienne, mais est un risque bien réel », écrit-il.

Pour M. Ban, la contestation des peuples contre les armes nucléaires « prend de l'ampleur dans le monde entier ». Et pour la première fois insiste-il, « les gouvernements et les organisations de la société civile, qui sont souvent en désaccord, ont commencé à faire cause commune ».

« L'Organisation des Nations Unies aura à être au centre de ces efforts », note M. Ban.

L'Assemblée générale des Nations Unies a tenu récemment un débat spécial sur le désarmement et la sécurité nucléaires et le Conseil de sécurité a eu une réunion historique en septembre dernier, rappelle-t-il.

« L'ONU est la seule instance universellement acceptée dans le monde où les nations aussi bien que les sociétés en général peuvent débattre et s'entendre », estime M. Ban, soulignant que l'Organisation « est dépositaire non seulement des traités mais aussi de l'information confirmant leur application ».

Le Secrétaire général propose l'organisation d'une conférence des Nations Unies qui se tiendrait dans l'année pour examiner l'application de la Convention internationale pour la répression des actes de terrorisme nucléaire.

L'ONU accueillera également une réunion ministérielle visant à accélérer la mise en œuvre du Traité d'interdiction complète des essais nucléaires.

En octobre, l'Assemblée générale examinera plus de 50 projets de résolution sur différentes questions nucléaires.

M. Ban souligne qu'il a appelé « les dirigeants à entamer des négociations aux fins de l'élaboration d'un traité juridiquement contraignant sur les matières fissiles ».

« Toutes ces initiatives reflètent les priorités de nos États Membres, façonnées à leur tour par l'opinion publique. Chacun s'accorde à reconnaître le risque catastrophique que font peser les armes nucléaires », écrit le Secrétaire général.

« Notre objectif est de faire aujourd'hui de très nombreux petits pas qui ouvriront la voie à une véritable percée », conclut M. Ban. « Il est plus que jamais urgent que les populations du monde entier exigent le changement, exigent que des mesures soient prises qui aillent au-delà des demi-mesures prudentes du passé ».

 

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