Afrique : Réduire le chômage suppose de réorienter les politiques économiques

29 mars 2010

La croissance économique et la réduction du chômage dans les pays africains ne sont pas obligatoirement liées, ont conclu les experts africains des ministères des finances, de la planification et du développement économique, lors d'une session de discussions qui s'est déroulée entre le 25 et le 29 mars à Lilongwe, au Malawi.

Ces discussions se sont déroulées avant une réunion conjointe de la Conférence des ministres de l'économie et des finances de l'Union africaine (UA) et de la Conférence des ministres africains des finances, de la planification et du développement économique de la Commission économique pour l'Afrique (CEA), prévue les 29 et 30 mars dans la capitale du Malawi.

« Les enjeux économiques et sociaux liés à une croissance qui ne génère pas d'emplois ne sont pas nouveaux pour les pays africains », a indiqué le Directeur du Nouveau partenariat pour le développement de l'Afrique (NEPAD) de la CEA, Emmanuel Nnadozie. Mais leur persistance traduit l'échec des politiques menées à ce jour et appelle des solutions novatrices, a-t-il poursuivi.

Selon M. Nnadozie, la décennie écoulée a été marquée par un paradoxe. Avant l'éclatement de la crise économique financière, la croissance économique était ascendante, passant d'une hausse moyenne de 2,7% entre 1990-1999 à 5,3% entre 2000 et 2007. Pourtant le taux de chômage n'a enregistré qu'une réduction marginale de 0,8% dans la plupart des pays africains.

M. Nnadozie estime que les moteurs de la croissance doivent être non seulement réactivés mais aussi réorientés vers des secteurs à forte productivité et à forte intensité de main d'œuvre tels que l'agriculture, le textile, les secteurs du bâtiment et du tourisme, afin de dynamiser la croissance économique et réduire le taux de chômage et la pauvreté.

Le Secrétaire général adjoint des Nations Unies et Secrétaire exécutif de la CEA, Abdoulie Janneh, a exhorté les experts à ne pas envisager la question de l'emploi uniquement sous l'angle de la responsabilité des Etats. « Nous devons associer le secteur privé qui dispose d'un capital humain de qualité dans le processus de création et de rétention des richesses », a souligné M. Janneh.

Les recommandations du Comité d'experts seront soumises et discutées à la session ministérielle qui se déroulera les 29 et 30 mars.

La CEA déplorait récemment que malgré les 3 milliards de dollars d'aide alimentaire annuelle et les 33 milliards de dollars de produits alimentaires importés chaque année, l'Afrique compte 265 millions de personne sous-alimentées.

Les 33 milliards de dollars dépensés pour importer des produits alimentaires devraient être utilisés pour développer l'agriculture intérieure, ce qui contribuera à réduire la pauvreté, assurera la sécurité alimentaire et repositionnera l'Afrique dans l'économie globale, indiquait la CEA.

 

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