Afrique : Les subventions aux agriculteurs peuvent être contreproductives

9 mars 2010

Les subventions directes des gouvernements aux agriculteurs en Afrique peuvent davantage perturber le secteur agricole que l'améliorer, conclut un rapport publié mardi par la Commission économique des Nations Unies pour l'Afrique (CEA), à l'occasion de l'ouverture d'une conférence à Abuja au Nigeria sur le commerce et l'industrie agroalimentaire en Afrique.

« Même s'il existe des situations dans lesquelles les subventions peuvent être la stratégie la plus efficace (par exemple lors d'une urgence), elles sont souvent difficiles à supprimer et présentent un risque de rente », affirme le rapport.

Selon le document, le dysfonctionnement du marché agricole africain est principalement dû à des problèmes liés à l'offre et à la demande. L'isolement général des cultivateurs ruraux des marchés globaux provoque une augmentation prohibitive des prix pour les fournisseurs. Si ces contraintes étaient levées, le secteur privé pourrait fournir aux cultivateurs des intrants à un prix plus bas et en quantité, affirme le rapport. Mais les subventions publiques au secteur agricole freinent les investissements dans l'agriculture par les acteurs privés, conclut la CEA.

Le rapport appelle à révolutionner le fonctionnement du secteur agricole en Afrique en adoptant une approche globale et améliorer l'accès des fournisseurs aux marchés et la disponibilité des productions. La CEA plaide pour le développement d'un partenariat public-privé pour renforcer le système de production.

Pour cela, la CEA préconise notamment la mise en place de programmes de crédits et de microcrédits pour les cultivateurs.

 

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