Nigéria : Une nouvelle approche est nécessaire pour faire cesser les violences

9 mars 2010
Navi Pillay.

La Haut Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme Navi Pillay, consternée par le récent massacre de centaines de villageois dans la région de Jos, dans le nord du Nigeria, a exhorté mardi les autorités nationales et locales à s'attaquer aux causes sous-jacentes de la tension et de la violence dans la région.

« Une meilleure sécurité est évidemment essentielle », a-t-elle dit dans un communiqué publié à Genève, « mais ce serait une erreur que de dépeindre ces violences come purement religieuses ou ethniques, et de les traiter uniquement comme une question de sécurité ».

« Ce qui est le plus nécessaire, c'est un effort concerté pour s'attaquer aux causes sous-jacentes des flambées de violence ethnique et religieuse que le Nigeria a connu de manière répétée ces dernières années, à savoir la discrimination, la pauvreté et les conflits fonciers. Le gouvernement doit aborder ces questions de front », a-t-elle ajouté.

Mme Pillay a également pris note des allégations selon lesquelles les politiciens locaux ont exploité les divisions socio-économiques, ethniques et religieuses. « C'est un aspect qui doit être examiné et, si nécessaire suivi d'effets, si l'on veut éviter des épisodes de violence supplémentaire », a-t-elle souligné.

Le Haut Commissaire a souligné qu'il était essentiel que les forces de l'ordre dans la région de Jos opèrent d'une façon visiblement impartiale, et que la justice soit rendue.

« Le travail des forces de sécurité et du pouvoir judiciaire est extrêmement délicat », a-t-elle estimé. « Il est important d'éviter de nourrir de nouveaux ressentiments, tout en garantissant en même temps que les responsables de ces actes atroces n'échappent pas à la justice ».

« Il s'agit du troisième cycle de violences meurtrières dans la région de Jos en trois ans, conduisant à un nombre total de décès qui dépasserait le millier. De toute évidence, les efforts antérieurs pour s'attaquer aux causes sous-jacentes ont été insuffisants, et en attendant, les plaies se sont infectées et se sont approfondies », a-t-elle enfin déclaré.

La Haut Commissaire a exprimé sa profonde compassion pour les familles des morts et des blessés tués ce week-end, jusqu'à 500 personnes dans trois villages à majorité chrétienne, ainsi que dans des violences au mois de janvier, où une majorité de musulmans avaient trouvé la mort.

« Dans les deux cas, les femmes, les enfants et les personnes âgées étaient parmi ceux qui ont été violemment abattus », a déclaré Navi Pillay. « Après les tueries de janvier, les villages auraient du bénéficier d'une protection adaptée ».

 

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