Sinaï : La chef des droits de l'homme appelle à l'arrêt des assassinats de migrants

2 mars 2010

La Haut commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme, Navi Pillay, a exhorté mardi le gouvernement égyptien de faire immédiatement stopper l'utilisation de « force létale » contre des migrants non armés qui tentent d'entrer en Israël par le désert du Sinaï.

« Je ne connais aucun autre pays où tant de migrants non armés et de demandeurs d'asile ont été délibérément tués de cette façon par des forces gouvernementales », a déclaré Mme Pillay.

Depuis deux ans et demi, 60 migrants ont été tués à la frontière égypto-israélienne, dont 9 morts depuis le début de l'année, sans compter les nombreux blessés et disparus qui ont été recensés.

« C'est une situation déplorable, et le nombre de victimes suppose qu'au moins quelques officiers des forces de sécurités égyptiennes ont opéré une politique du 'tire pour tuer'. Sinon il n'y aurait pas autant de morts. Ces 60 morts peuvent difficilement être considérés comme des accidents », a-t-elle ajouté.

La grande majorité des migrants décédés viennent d'Afrique sub-saharienne, en particulier d'Erythrée, du Soudan et d'Ethiopie. Ils sont morts pour la plupart pendant l'été 2007, lorsqu'Israël a durci le contrôle des populations à la frontière du Sinaï.

« Le fait que les tirs se sont interrompus pendant six mois puis ont repris, suppose que les meurtres suivent un cycle qui ne s'apparente pas au hasard », a dénoncé Mme Pillay.

Elle a exhorté le gouvernement égyptien à diligenter une investigation indépendante pour faire la lumière sur les circonstances de ces tueries. Le fait que la frontière soit une zone militarisée ne justifie pas l'utilisation de force létale à l'encontre de personnes non armées, a-t-elle rappelé.

 

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