Participation et réparation : Priorités pour les autochtones du Botswana, selon un expert

25 février 2010

Le Rapporteur spécial des Nations Unies sur la situation des droits de l'homme et des libertés fondamentales des peuples autochtones, le professeur S. James Anaya, a exhorté aujourd'hui le gouvernement du Botswana à répondre de façon adéquate et résolue aux problèmes rencontrés par beaucoup de communautés autochtones à travers le pays.

« Les problèmes actuels rencontrés par les peuples autochtones dans le pays sont liés à trois questions sous-jacentes et interdépendantes : le respect de la diversité culturelle et de l'identité, la participation et la consultation politiques, et la réparation pour les torts historiques », a expliqué l'expert des droits de l'homme dans une version préliminaire de son rapport sur le Botswana.

Il met l'accent sur les personnes défavorisées et souvent marginalisées par les politiques mises en place du temps de la colonisation et par des politiques et des lois établies après l'indépendance qui ont continué à privilégier l'intérêt des dominants, les Tswana, sur celui des tribus minoritaires.

En appelant à un plus grand respect pour la diversité culturelle à travers un large éventail d'initiatives et de programmes gouvernementaux, le Rapporteur spécial recommande que le Botswana « renforce et adopte de nouvelles mesures de discrimination positive, conforme aux normes universelles relatives aux droits humains, pour protéger les droits des groupes autochtones non-dominants à conserver et à développer les différentes composantes de leurs identités culturelles, notamment celles liées aux droits fonciers des personnes, aux stratégies de développement, et aux structures politiques de prise de décision ».

« Certains groupes autochtones ont été victimes d'injustices historiques, notamment la dépossession de leurs terres ancestrales, ce qui a contribué aux conditions de marginalisation et à un ensemble de problèmes sociaux », note le professeur Anaya dans ses conclusions. « D'autres continuent de souffrir d'un manque de sécurité foncière, y compris dans l'accès et l'utilisation de leurs terres ancestrales et des ressources, ce qui est dû en partie à la non-reconnaissance des pratiques coutumières de ces groupes ».

En lien avec ces questions de droit foncier, le Rapporteur spécial invite le gouvernement à « élaborer et mettre en œuvre un mécanisme, en consultation avec les groupes autochtones concernés, pour examiner profondément cette question et fournir réparation à ceux qui ont été dépossédés de leur terre », et à « incorporer dans le système de contrôle des terres le respect et la reconnaissance des intérêts particuliers de ces groupes, conformément aux structures traditionnelles d'utilisation des terres ».

Le Rapporteur spécial a également rappelé la nécessité de trouver une solution adéquate à la situation des communautés déplacées et de celles qui vivent encore dans la réserve du Kalahari central.

Le Professeur Anaya exhorte le gouvernement du Botswana à rééquilibrer la perte des terres, à assurer un approvisionnement adéquat en eau pour les résidants des réserves, et à poursuivre des négociations directes avec les communautés touchées, y compris en offrant un soutien technique et financier pour faciliter ces négociations.

Dans son rapport préliminaire, le Rapporteur spécial fait une série d'observations et de recommandations visant à aborder les défis actuels et à promouvoir le respect et la reconnaissance des droits des peuples autochtones, conformément aux normes internationales. Il présentera une version définitive de son rapport au Conseil des droits de l'homme de l'ONU en septembre.

 

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