RDC : Doss répond aux critiques d'un quotidien britannique visant la MONUC

24 février 2010

Le Représentant spécial des Nations Unies en République démocratique du Congo (RDC), Alan Doss, a nié mercredi, dans une tribune publiée dans le quotidien britannique The Guardian, avoir « passé un pacte avec le diable », alors qu'un article de ce journal reprochait à la Mission de ne pas livrer à la Cour pénale internationale un chef rebelle recherché, Bosco Ntaganda.

« Nous avons déclaré à maintes reprises que si les autorités congolaises demandent à la Mission de l'Organisation des Nations Unies en République démocratique du Congo (MONUC) d'aider à livrer Ntaganda à la CPI, nous le ferons. Mais le Président Kabila a choisi de mettre de côté toute action contre Bosco pour l'instant », écrit Alan Doss.

L'article du quotidien affirme que Bosco Ntaganda aurait été aperçu sur un court de tennis à Goma, la capitale de la province du Nord Kivu, et affirme que « non seulement il reste en liberté, mais il sert en tant que général dans une armée qui a le plein appui de la mission de maintien de la paix de l'ONU au Congo ».

« Même si beaucoup souhaiteraient peut-être qu'il en soit autrement, les Casques bleus de l'ONU en RDC n'ont pas plus la compétence d'arrêter quelqu'un sur un court de tennis à Goma qu'à Wimbledon », a rétorqué M. Doss, rappelant que « les gouvernements demeurent responsables de leurs forces de sécurité, de la protection civile, de l'intégrité des frontières, des ressources naturelles et des institutions publiques ».

« Nous aidons la RDC dans plusieurs de ces domaines, mais nous ne pouvons pas imposer notre volonté au gouvernement », a-t-il insisté.

« L'appui que notre mission, la MONUC, donne à l'armée nationale n'est pas lié à la liberté de Bosco. Il est injuste de dépeindre l'assistance de la MONUC à l'armée, qui est mandatée par le Conseil de sécurité des Nations unies, comme un 'pacte avec le diable'», a ajouté le Représentant spécial.

« Oui, la MONUC est la plus importante opération de maintien de la paix au monde », a-t-il poursuivi, « mais il ne faudrait pas confondre un budget annuel de 1,3 milliard de dollars avec une baguette magique qui résoudrait tous les problèmes du pays. Nous avons 18.000 soldats de la paix. Le petit Kosovo avait 40.000 soldats de l'OTAN, et un appui aérien dont nos soldats de la paix ne peuvent que rêver ».

Alan Doss a souligné que la MONUC avait concentré plus de 95% de ses troupes dans les provinces de l'Est, qui couvrent une superficie près de trois fois supérieur à celle de la France. « Le terrain est très boisé. Il y a peu de routes et les communautés sont isolées. L'accès rapide n'est donc pas toujours possible lorsque des informations sur des violences nous parviennent », a-t-il expliqué.

M. Doss a également réfuté que le Président Kabila ait demandé à la MONUC de quitter le pays pour le 50ème anniversaire de l'indépendance de la RDC, le 30 Juin. « Le Président Kabila et le Conseil de sécurité ont demandé un plan de réduction progressive de la MONUC et éventuellement de retrait, mais le Conseil a également fait part de son intention de renouveler son mandat de maintien de la paix pour une autre année », a-t-il souligné.

 

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