Peine de mort : L'abolition est un processus difficile pour beaucoup de sociétés

24 février 2010
Sergei Ordzhonikidze.

A l'ouverture du quatrième congrès mondial contre la peine de mort, le Directeur général du bureau des Nations Unies à Genève, Sergei Ordzhonikidze, a appelé à ne pas perdre de vue le fait que l'abolition de la peine de mort est un processus difficile et délicat pour de nombreuses sociétés et qu'elle nécessite de larges débats nationaux.

« J'espère que les discussions à ce congrès mondial, qui mettra en valeur les expériences pratiques des pays qui ont soit aboli la peine de mort, soit instauré un moratoire sur son application, peuvent aider à stimuler ces débats nationaux », a-t-il confié.

M. Ordzhonikidze a rappelé que décembre 2009 avait marqué le vingtième anniversaire du deuxième protocole au Pacte international relatif aux droits civils et politiques, qui vise à parvenir à l'abolition de la peine de mort. « L'augmentation constante du nombre de ratifications, qui regroupe désormais plus de 70 pays, est une autre démonstration de l'engagement croissant en faveur de l'abolition de la peine de mort », a-t-il dit.

Le Directeur exécutif de l'ONU à Genève a aussi évoqué l'adoption par l'Assemblée générale en 2007 de la résolution 62/149, qui a appelé les États qui maintiennent encore la peine de mort à instituer un moratoire sur les exécutions en vue d'abolir la peine de mort.

« L'Assemblée générale a considéré que la peine de mort sapait la dignité humaine, qu'il n'y avait pas de preuve concluante de sa valeur dissuasive et que toute erreur ou échec de la justice dans sa mise en œuvre était irréversible et irréparable », a-t-il souligné.

« Le taux de participation élevé ici, avec des représentants de toutes les parties venues de toutes les régions du monde, confirme ce soutien mondial en pleine expansion pour l'élimination définitive de la peine de mort », a assuré M. Ordzhonikidze .

En outre, « comme le note également l'Assemblée générale dans sa résolution, un moratoire sur l'utilisation de la peine de mort contribue au développement progressif des droits de l'homme ».

« Je ne doute pas que ce Congrès, avec des débats francs et inclusifs, servira à sensibiliser le public, dans toutes les régions et entre tous les États, et contribuera à consolider l'appui à cette tendance vers l'abolition de la peine de mort », a-t-il enfin déclaré, souhaitant que les gouvernements, les Nations Unies, les organisations régionales et intergouvernementales, ainsi que la société civile, soient impliqués en tant que partenaires dans ce processus.

 

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