Libéria : Difficultés dans le développement des institutions chargées de la sécurité

23 février 2010

Bien que le Libéria continue d'enregistrer des progrès en matière de consolidation de la paix et de la stabilité, des difficultés importantes continuent d'entraver le développement des institutions nationales chargées de la sécurité et de l'instauration de l'état de droit, estime le Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, dans un rapport publié mardi.

« Hormis la nécessité de veiller à ce que la police nationale libérienne soit indépendante en matière opérationnelle, le Libéria doit redoubler d'efforts dans le domaine de l'état de droit », écrit M. Ban dans ce rapport remis au Conseil de sécurité.

Le Secrétaire général juge nécessaire notamment de s'attaquer à la forte proportion de personnes en détention provisoire qui, non seulement pose de graves problèmes au système pénitentiaire mais aussi contribue à la perception défavorable de la justice chez le public.

En outre, la mise en place d'un Institut de formation judiciaire pleinement opérationnel contribuerait à jeter les bases d'un renforcement des capacités à long terme dans le secteur de la justice. M. Ban engage également le gouvernement à faire adopter une législation qui institutionnalise le dispositif national de sécurité.

« La réussite de la réforme du secteur de la sécurité au Libéria exigera que les donateurs apportent un appui soutenu à la police nationale libérienne et aux autres organismes de sécurité », dit-il. Il relève que si l'intérêt des donateurs était notable au lendemain du Forum des partenaires de la justice et de la sécurité, qui s'est tenu à New York en septembre 2009, l'assistance ne s'est guère concrétisée.

Il exhorte donc les pays à accroître leur appui à la police nationale libérienne, notamment dans les domaines suivants : la mise en place d'un réseau de communication et d'un système d'entretien du parc automobile efficaces; le renforcement de la mobilité; la construction d'installations; le renforcement des capacités du service médico-légal; et l'amélioration du système de formation du personnel.

Dans le secteur de la justice, il juge nécessaire que les donateurs fournissent un appui important à l'Institut de formation judiciaire et à la rénovation de l'infrastructure des tribunaux, particulièrement en dehors de Monrovia. En ce qui concerne le système pénitentiaire, la construction, à Monrovia, d'une nouvelle prison centrale destinée à remplacer la structure surpeuplée et délabrée en place a été identifiée comme devant faire l'objet d'une assistance prioritaire des donateurs.

Selon le rapport, la prise en mains accrue par le gouvernement libérien du développement des forces armées constitue un pas important sur la voie de la maîtrise progressive de la sécurité par les autorités nationales. La nouvelle armée devrait renforcer la formation commune avec la Mission des Nations Unies au Liberia (MINUL) au cours de l'année à venir.

« L'appui à la nouvelle armée exigera une planification poussée et l'engagement des partenaires internationaux sur le long terme. Le gouvernement devra mieux définir la mission et les modalités du déploiement des forces armées libériennes et continuer à former et à encadrer le corps des officiers », estime le Secrétaire général.

Les incidents liés à l'insubordination de membres des forces armées constituent un sujet de préoccupation. Selon le rapport, il importe de mettre en place, au sein des forces armées, un cadre règlementaire et de gestion efficace.

 

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