Haïti : le Conseil des droits de l'homme appelle au respect des droits des plus fragiles

27 janvier 2010
Des victimes du séisme en Haïti.

Le Conseil des droits de l'homme a tenu mercredi à Genève une session extraordinaire consacrée à Haïti, au cours de laquelle les intervenants ont plaidé pour une approche fondée sur les droits de l'homme dans le processus de redressement du pays.

La Haut-Commissaire adjointe aux droits de l'homme, Mme Kyung-wha Kang, a déclaré qu'il fallait que l'assistance à Haïti "soit ancrée dans les droits de l'homme et s'assure que les causes profondes des vulnérabilités, qu'il s'agisse de la pauvreté et la discrimination, soient traitées".

"L'état de droit doit être rapidement rétabli dans la capitale et ailleurs", a-t-elle ajouté. Selon elle, les plus vulnérables, en particulier les handicapés, les personnes âgées, les femmes et les enfants, sont les plus menacés par la violence, les trafics et les arrestations arbitraires et il est indispensable de les protéger contre ces risques.

Mme Kyung-wha Kang a aussi souhaité que le niveau des ressources engagées pour la reconstruction d'Haïti soit maintenu dans les années à venir afin d'assurer des politiques de développement durables.

« L'urgence de la reconstruction, le pragmatisme de la planification ne doivent pas nous écarter de cette approche » fondée sur les droits de l'homme, a renchéri Michel Forst, expert indépendant sur la situation des droits de l'homme en Haïti.

« Il est possible de faire de l'assainissement avec une approche du point de vue de l'accès aux droits. Il en va ainsi de la construction des écoles, des lycées et des hôpitaux : en gardant en tête le droit à l'éducation ou l'accès aux soins », a-t-il expliqué.

L'expert a souhaité que le Conseil mette en place un mécanisme permettant d'assurer une véritable prise en compte des droits de l'homme dans le processus de reconstruction à venir.

De son côté, le Représentant du Secrétaire général pour les personnes déplacées dans leur propre pays, Walter Kälin, a rappelé que les catastrophes exacerbaient les vulnérabilités et les préoccupations existantes en matière de droits de l'homme.

« Elles aggravent les cadres existants de discrimination et de déséquilibre du pouvoir au sein de la société touchée », a-t-il insisté, appelant à aller au-delà de l'urgence.

« L'expérience montre que souvent, les gens se trouvent dans les pires situations de vie six à douze mois après la date de la catastrophe, alors que les financements d'urgence ont cessé », a-t-il dit.

La session extraordinaire du Conseil des droits de l'homme devait se poursuivre jeudi et une résolution devait être adoptée.

 

♦ Recevez des mises à jour quotidiennes directement dans votre boîte mail - Inscrivez-vous ici.
♦ Téléchargez l'application ONU Info pour vos appareils iOS ou Android.