L'OMS nie avoir surestimé la grippe H1N1 sous la pression des laboratoires

26 janvier 2010

Le principal responsable des Nations Unies pour la grippe a rejeté en bloc aujourd'hui les allégations selon lesquelles l'Organisation mondiale de la santé (OMS) aurait exagéré la gravité de la pandémie de grippe H1N1 sous la pression d'intérêts économiques.

Le principal responsable des Nations Unies pour la grippe a rejeté en bloc aujourd'hui les allégations selon lesquelles l'Organisation mondiale de la santé (OMS) aurait exagéré la gravité de la pandémie de grippe H1N1 sous la pression d'intérêts économiques.

« Permettez-moi d'être très clair : les politiques et les réponses préconisées et appliquées par l'OMS autour de la pandémie de grippe n'ont pas été influencées de manière inappropriée par l'industrie pharmaceutique », a déclaré Keiji Fukuda, Conseiller spécial de l'OMS sur la pandémie de grippe, devant le Conseil de l'Europe réuni à Strasbourg, en France.

Le Dr Fukuda a expliqué que l'OMS avait rempli son rôle de conseil indépendant auprès des 193 Etats membres de l'ONU de manière très sérieuse, et avait mis en place des mesures en dehors de toute influence inappropriée.

Après avoir reçu des informations sur une nouvelle souche humaine du virus en avril dernier, des tests en laboratoire ont confirmé que les anticorps existants ne réagissaient pas à cette nouvelle forme virale, indiquant la potentialité d'une cause de pandémie.

« Les recherches montraient que ce nouveau virus se propageait rapidement au sein des communautés, avec une contamination de personne à personne », a-t-il dit.

« Au Mexique, les premières flambées épidémiques ont entraîné des morts et de graves maladies respiratoires qui réclamaient de ventiler des personnes jeunes et en bonne santé », a-t-il ajouté. « L'OMS a pris des mesures en conformité avec les régulations sanitaires internationales mais n'a pas annoncé le début de la pandémie avant le 11 juin 2009, lorsque les critères de pandémies ont été remplis », a-t-il rappelé.

Soulignant que le nouveau virus s'est propagé avec une vitesse sans précédent, touchant 120 pays et territoires en huit semaines, Keiji Fukuda a indiqué que des cas avaient été répertoriés dans presque tous les pays du monde.

« De nombreux mécanismes de garantie sont en place pour gérer les conflits d'intérêts ou les conflits perçus comme tels au sein des membres des groupes de conseil et des comités d'experts de l'OMS », a-t-il assuré au Conseil de l'Europe, en charge notamment de la protection des droits de l'homme dans cette région du monde.

Avec 14.000 morts confirmées, la pandémie n'est pas finie et il serait trompeur de comparer ces chiffres avec ceux de la grippe saisonnière, a-t-il aussi déclaré.

« C'est comme comparer les pommes et les oranges », a-t-il insisté. Le nombre de morts de la grippe saisonnière est calculé sur la base de modèles statistiques alors que les morts de cette pandémie ont été répertoriées une à une après des tests en laboratoire et sont donc beaucoup moins élevé que le véritable nombre total de décès.

« Qualifier la pandémie d'imposture, c'est ignorer l'histoire récente et la science, et banaliser la mort de plus de 14.000 personnes ainsi que les nombreuses maladies touchant de nombreux autres êtres humains », a conclu le Dr Fukuda.

 

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