Ban déplore l'incapacité des Serbes et des Kosovars à s'entendre

15 janvier 2010

Le Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, qualifie de « décevant » dans un nouveau rapport sur le Kosovo le fait que les autorités serbes et kosovares ne soient toujours pas parvenues à se mettre d'accord sur des questions « d'intérêt commun » telles que la politique régionale ou le patrimoine.

Une autre source de préoccupation est le faible nombre et la lenteur des retours des personnes déplacées.

Ce rapport porte sur la Mission d'administration intérimaire des Nations Unies au Kosovo (MINUK) et plus généralement sur l'évolution de la situation entre la mi-septembre et la mi-décembre 2009. Le Secrétaire général souligne qu'en coordination étroite avec l'Union européenne, son Représentant spécial a continué de s'employer à amener Belgrade et Pristina à poursuivre une coopération concrète sur les questions d'intérêt commun.

« La collaboration entre la MINUK et Belgrade a continué d'offrir des possibilités d'engager un dialogue de bonne foi et de trouver des solutions à diverses questions », constate-t-il, alors que dans le même temps les relations s'amélioraient entre la Mission et les autorités kosovares.

Mais M. Ban « trouve tout particulièrement décevant qu'un accord n'ait pas encore été conclu concernant la mise en place d'un mécanisme sur le patrimoine culturel, question qui va de l'intérêt de toutes les parties et qui a fait l'objet de débats approfondis pendant de nombreux mois. » Il exhorte les parties « à faire preuve de plus de souplesse et de pragmatisme sur cette question d'importance vitale ». Le Secrétaire général se dit « disposé à appuyer toute initiative constructive de l'Union européenne à cet égard, y compris la nomination d'un envoyé ».

Il espère par ailleurs que Belgrade et Pristina parviendront à s'affranchir des considérations liées au statut du Kosovo, dont la Serbie n'a pas reconnu l'indépendance, en particulier aux fins de la coopération régionale. Il les engage à cet égard à « faire preuve de souplesse pour poursuivre les efforts en vue de définir un mode opératoire concernant la participation du Kosovo aux mécanismes et instances régionaux et internationaux qui sont indispensables au développement économique et démocratique et à la stabilité à long terme de la région. »

Il se félicite aussi du fait que les élections municipales organisées par les autorités du Kosovo se soient tenues dans un climat pacifique et qu'elles n'aient pas ravivé les tensions au sein de la population.

D'une manière générale, Ban Ki-moon se dit « convaincu que la coopération avec l'Union européenne sur toutes les questions liées au Kosovo se poursuivra à mesure que son rôle dans la région s'élargit ».

La province serbe à majorité albanaise du Kosovo a proclamé son indépendance en 2008. Celle-ci avait été reconnue par 64 pays à la fin 2009.

 

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