Début de la distribution des secours à Port-au-Prince

15 janvier 2010
Un hélicoptère dépose des kits de première urgence pour les victimes du séisme en Haïti.

Les Nations Unies ont commencé à apporter des biens de première nécessité aux survivants du tremblement de terre à Port-au-Prince, en Haïti, alors qu’un appel de fonds de 562 millions de dollars a été lancé à New York auprès des bailleurs de fonds internationaux.

Le Coordinateur des secours d'urgence des Nations Unies, John Holmes, a précisé que 30% des édifices de la ville était endommagés ou détruits, ce chiffre atteignant 50% dans certains quartiers. Des camps de toile vont être dressés : « Nous avons besoin de tentes et encore de tentes », a dit le Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon. Il y a aussi un grand besoin d’équipements lourds et de personnel médical.

M. Ban a expliqué que le Programme alimentaire mondial (PAM), qui a commencé à distribuer des vivres jeudi – biscuits énergétiques, repas tout prêts - nourrissait actuellement 8.000 personnes. Reconnaissant que c’était très peu, il a indiqué que l’ONU pensait être en mesure d’approvisionner un million de personnes d’ici deux semaines et le double d’ici un mois. Une quinzaine de centres de distribution ont été mis en place à Port-au-Prince.

Quelque trois millions d’Haïtiens auraient été affectés d’une manière ou d’une autre par le séisme, selon une estimation. Si on ne disposait toujours d'aucun bilan des morts ou des blessés au troisième jour, il semble évident qu'il est très élevé.

Le centre opérationnel de l’ONU a été installé à l’aéroport. Alors que les rotations aériennes se succèdent à un rythme soutenu pour apporter des secours, M. Ban a précisé que la logistique sur le terrain était « extrêmement difficile » en raison du manque de moyens de transport et de carburant. L’aéroport lui-même a des capacités limitées et le kérozène fait défaut.

M. Holmes a averti que les besoins iraient grandissants les jours à venir, en soulignant le caractère essentiel de la coordination des secours. « L'expérience passée en matière de réponse aux catastrophes a montré et souligné qu'une coordination efficace était vitale si l'on voulait que l'aide appropriée atteigne à temps les plus vulnérables », a-t-il expliqué. « Pour répondre aux besoins sur le terrain nous devons travailler de concert », a-t-il ajouté, selon un communiqué du Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA).

Des équipes de recherches des survivants sont à l'oeuvre, l'OCHA en coordonnant 27 qui travaillent en priorité dans les décombres des hôpitaux, des écoles, des hôtels et des bâtiments importants. D’autres équipes sont en train d'être mobilisées et elles recevront le soutien à l'aéroport de l'Équipe des Nations Unies pour l'évaluation et la coordination en cas de catastrophe.

Les besoins les plus immédiats concernent la santé, l'eau, la nourriture et la construction d'abris d'urgence. Alors que de nombreux survivants sont grièvement blessés, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) coordonne les secours sur le plan médical et chirurgical. Elle a envoyé une équipe spécialisée de 12 personnes tandis que des organisations non gouvernementales (ONG) telles que Médecins sans frontières s'efforcent d'élargir leur intervention le plus vite possible.

L'OCHA envisage avec les autorités haïtiennes d'utiliser le stade national de football pour y installer un hôpital de campagne. Le Programme alimentaire mondial (PAM) a commencé à distribuer des rations d'urgence qui étaient déjà stockées dans le pays. Il a aussi entrepris d'acheminer 86 tonnes de biscuits énergétiques depuis le Salvador. Le Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF) a fait venir des abris et des produits pour purifier l'eau.

M. Holmes a rappelé que même si la mobilisation avait eu lieu dès la première heure, « la réalité est aussi que réunir les produits, les équipements et le savoir-faire dont on a désespérément besoin sur le terrain prend inévitablement du temps ».

Vendredi après-midi à New York, un appel de fonds de 562 millions de dollars a été lancé par 16 organisations des Nations Unies, 12 organisations non-gouvernementales et l'Organisation internationale des migrations auprès des bailleurs de fonds internationaux pour assister environ 3 millions d'Haïtiens sur une période de six mois.

 

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