Haïti : L'ONU lance un appel à l'aide internationale après un séisme meurtrier

13 janvier 2010

Le Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a lancé mercredi un appel pressant à la communauté internationale pour qu'elle vienne en aide à Haïti à la suite du séisme de grande ampleur qui a dévasté la capitale Port-au-Prince mardi.

« Il ne fait aucun doute que nous sommes face à une urgence humanitaire majeure et qu'un effort équivalent en matière de secours s'avère nécessaire », a dit M. Ban. Remerciant les pays qui ont déjà annoncé des mesures, il a appelé le monde « à venir en aide à Haïti en cette heure de grande nécessité ». De son côté, le Conseil de sécurité de l'ONU a exprimé sa profonde sympathie et solidarité avec les victimes et leurs familles.

Les bâtiments et les infrastructures de Port-au-Prince ont gravement souffert tandis que les services essentiels – eau, électricité – ne sont pratiquement plus assurés. En milieu de journée, la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti (MINUSTAH) a précisé que le Palais national, la cathédrale et d'autres édifices publics importants avaient été détruits. Les hôtels, les hôpitaux, les écoles, la prison de Port-au-Prince ont subi des dégâts importants.

Le port de la capitale haïtienne a aussi subi des dégâts importants et la tour de contrôle de l'aéroport international s'est effondrée. Toutefois, les pistes ne sont pas endommagées. Le Secrétaire général adjoint aux opérations de maintien de la paix, Alain Le Roy, a précisé que les mouvements aériens se faisaient visuellement, ce qui impliquait que les pistes étaient uniquement utilisables de jour.

Alors que les premiers secours commençaient à arriver, Ban Ki-moon, a indiqué qu'il était impossible d'établir un bilan des victimes à ce stade mais qu'il était certain qu'il serait lourd. Il a estimé que le tiers de la population haïtienne, soit trois millions de personnes, pourrait avoir été affecté par cette catastrophe.

« Au peuple d'Haïti, je veux dire ceci : nous sommes avec vous. Nous travaillons rapidement – aussi vite que cela est humainement possible », a-t-il dit.

Le Secrétaire général a indiqué qu'il avait parlé avec les président américain Barack Obama qui l'avait assuré que son pays fournirait toute l'assistance possible.

« Mes pensées et mes prières sont avec le peuple d'Haïti. Mon bureau à l'ONU et l'ensemble du système des Nations Unies suivent la situation et nous sommes prêts à faire le maximum pour assister le peuple d'Haïti dans ses efforts de secours, de reconstruction et de redressement », a déclaré pour sa part l'ancien président américain Bill Clinton, Envoyé spécial du Secrétaire général pour Haïti, qui a participé mercredi après-midi à New York à une réunion spéciale de l'Assemblée générale de l'ONU aux côtés de Ban Ki-moon.

La première priorité va aux recherches et aux secours avec des équipes spécialisées équipées de matériel lourd et de chiens qui doivent arriver de Chine, des Etats-Unis, de France et de la République dominicaine voisine, a rappelé le Secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires et Coordonnateur des secours d'urgence, John Holmes.

Le Fonds central d'intervention d'urgence (CERF) a débloqué dix millions de dollars pour parer au plus pressé tandis qu'un appel de fonds d'urgence devrait être lancé en fin de semaine.

L'ONU elle-même a été durement frappée, un bilan provisoire et sans doute très en dessous de la réalité faisait état de 16 morts. On était sans nouvelles de 150 autres employés, dont les deux principaux responsables de la MINUSTAH, Hédi Annabi et son adjoint Luiz Carlos da Costa

Pour les remplacer au moins provisoirement, M. Ban a dépêché sur place son ancien représentant en Haïti, Edmond Mulet, et actuel numéro deux des opérations de maintien de la paix. Par ailleurs, « la chaîne de commandement militaire demeure opérationnelle », a assuré M. Le Roy, le haut commandement ne déplorant aucune victime à ce stade.

La MINUSTAH, qui a été créée en 2004, dispose de 9.000 personnels militaires et de police sur place ainsi que de 2.000 employés civils. Quelque 3.000 casques bleus et policiers de l'ONU se trouvent dans la région de Port-au-Prince où leur rôle sera de maintenir l'ordre et de participer aux efforts de secours.

 

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