Libéria : Des adolescents dénoncent les injustices du système éducatif

13 janvier 2010

Alors que le Libéria se remet lentement d'une guerre civile longue de 14 années, son système éducatif garde certains côtés de l'anarchie qui y régnait pendant le conflit, selon le Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF).

Alors que le Libéria se remet lentement d'une guerre civile longue de 14 années, son système éducatif garde certains côtés de l'anarchie qui y régnait pendant le conflit, selon le Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF).

Lorinah Kolleh, une jeune fille de 17 ans de Kakata, a réalisé un reportage radio sur la corruption des enseignants qui acceptent de l'argent - et quelquefois des faveurs sexuelles - des étudiants en échange de meilleures notes.

Selon un grand nombre d'élèves qu'elle a interviewés, ces deux pratiques sont répandues et la Directrice de l'enseignement secondaire du Libéria l'admet : « Il est exact que parfois des élèves achètent de meilleures notes pour pouvoir être admis dans la classe supérieure, » a-t-elle déclaré à Lorinah.

« Mais les enseignants sous-payés qui acceptent cet argent pour augmenter leurs salaires sont aussi responsables, » dit Lorinah.

Emmanuel Woyean, 16 ans, de Monrovia, veux être ingénieur mais bien qu'il ait fini premier de sa classe au lycée, il n'ira pas à l'école au cours du prochain semestre. Quand sa bourse d'études d'un an dans un institut technique a expiré en juin, il s'est rendu compte qu'il n'avait pas les moyens de continuer.

« Ma mère est enseignante et elle gagne environ 100 dollars par mois soit 1.200 dollars par an, » dit Emmanuel. C'est exactement ce que coûte une année dans une école d'ingénieurs. Mais sa mère doit payer le loyer, acheter de quoi manger et payer les frais scolaires de la soeur cadette d'Emmanuel.

En août, Emmanuel et Lorinah ont participé à un atelier de production d'émissions radiophoniques d'une durée d'une semaine à l'attention de sept jeunes du Libéria. Radio UNICEF - en partenariat avec le programme de l'UNICEF « Back on Track » consacré à l'enseignement dans les situations d'urgence et de transition postérieures à une crise, UNICEF Libéria et les Studios Talking Drums - a animé cet atelier avec trois garçons et quatre filles choisis dans le pays. Ces jeunes ont appris à enregistrer, monter, écrire et réaliser eux-mêmes un reportage.

Lorinah dit qu'elle n'a jamais payé des enseignants pour obtenir ses diplômes mais elle connaît des élèves qui l'ont fait. Elle a demandé à ce que les enseignants qui ont eu des relations sexuelles avec leurs élèves soient démis de leurs fonctions.

Le reportage d'Emmanuel raconte ce que c'est que d'être un jeune homme brillant et plein de motivation au Libéria sans avoir les moyens de poursuivre ses études.

Un des professeurs d'Emmanuel a essayé de l'encourager. Il lui a dit de faire davantage de demandes pour des bourses d'étude auprès du ministère de l'Éducation : « Si tu fais cela en ayant les notes moyennes exigées, je pense que tu peux arriver à être ingénieur et tu seras un espoir pour ton pays. »

L'UNICEF au Libéria diffusera les reportages de ces jeunes pour commémorer le 20ème anniversaire de la Convention relative aux droits de l'enfant. La Convention garantit aux enfants, entre autres, le droit à un enseignement de qualité.

Il s'agissait du second atelier, d'une série de plusieurs, menés par Radio UNICEF et le programme « Back on Track ». Leur but : introduire le point de vue des jeunes dans le débat sur l'enseignement dans les situations d'urgence et de transition postérieures à une crise; et aussi de célébrer la Convention.

 

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