Népal : Démobilisation d'ex-enfants soldats de la guérilla maoïste

7 janvier 2010
Cérémonie de démobilisation d'anciens soldats maoïstes au Népal.

Un groupe de jeunes Népalais et Népalaises ont regagné la vie civile jeudi au terme d'une cérémonie dans le principal camp de cantonnement de l'ancienne rébellion maoïste à Sindhuli dans le centre du Népal.

Il s'agit du premier groupe de jeunes gens à être démobilisés dans le cadre d'un accord signé le 16 décembre dernier par le gouvernement népalais, le Parti communiste et les Nations Unies. En vertu de celui-ci, les enfants soldats pourront bénéficier de programmes de formation à l'issue de leur démobilisation.

« Aujourd'hui, marque la première étape du retour à la vie civile de plusieurs milliers de Népalais qui vivent dans des cantonnements depuis 2006 », a déclaré le Coordinateur humanitaire résident des Nations Unies, Robert Piper. « Cette cérémonie constitue une étape clé dans le processus de paix en cours et il permettra, espérons-le, d'accélérer d'autres éléments de l'Accord global de paix », a-t-il ajouté.

D'ici la mi-février, 4.008 personnes – dont 500 âgées de moins de 18 ans – doivent être libérées. Ces démobilisations concernent sept cantonnements dans l'ensemble du pays.

Lorsque ce sera chose faite, le Parti communiste pourra être rayé de la liste des organisations enrôlant des mineurs. Cette liste figure dans le rapport annuel du Secrétaire général de l'ONU sur les enfants et les conflits armés. Le Parti communiste unifié maoïste du Népal (UCPN-M) a été désigné dans cinq rapports annuels du Secrétaire général comme partie à un conflit recrutant des enfants.

Avant la cérémonie de jeudi, les jeunes gens avaient été informés des possibilités qui leur étaient offertes pour se reconvertir à la vie civile. Ils ont reçu des vêtements civils et des papiers d'identité. Dans les mois à venir, ils seront contactés par une équipe des Nations Unies qui fera le point avec eux pour voir comment ils s'adaptent à leur nouvelle vie.

Près de 3.000 d'entre eux étaient mineurs lors du cessez-le-feu instauré le 25 mai 2006. Aujourd'hui, une douzaine d'entre eux environ ont encore moins de 16 ans, tandis qu'un demi-millier n'a pas dépassé les 18 ans. Un tiers d'entre eux sont des jeunes filles.

La libération de ces jeunes gens envoie un message symbolique pour la nouvelle année », a déclaré la représentante du Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF) au Népal, Gillian Mellsop. « Non seulement, ces jeunes gens peuvent désormais reprendre le cours de leur vie mais il s'agit aussi d'un nouveau départ à l'orée d'une nouvelle décennie pour le Népal, afin que le pays puisse aller de l'avant vers un avenir plus stable et plus pacifique ».

Par ailleurs, ce jeudi, la Mission des Nations Unies au Népal (MINUNEP) s'est félicitée de la création du Mécanisme politique de haut niveau, une instance destinée à contribuer au dialogue multipartite dans le cadre du processus de paix. La résolution 1879 votée en juillet dernier par le Conseil de sécurité encourageait les efforts visant à créer une démarche unifiée entre les formations politiques népalaises, alors que des tensions politiques fortes sont apparues depuis que le Parti communiste a quitté le gouvernement en mai dernier. Or, un consensus politique est indispensable pour pouvoir rédiger la future Constitution, ainsi que pour la réintégration des anciens combattants maoïstes.

 

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