Colombie : Des déplacés s'installent dans des lieux dont personne ne veut

4 janvier 2010

De plus en plus de Colombiens fuyant la violence trouvent refuge dans des lieux improbables dont personne ne veut : c'est le cas de 118 familles qui ont trouvé un havre sur une plage des environs de Carthagène dans le nord du pays et dont le nombre augmente semaine après semaine.

Selon le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), le nombre de personnes déplacées a atteint le chiffre record de trois millions en Colombie en 2009. Il s'agit très souvent de personnes contraintes d'abandonner leurs terres par la force.

Lorsque ces familles sont arrivées, le district de Villa Gloria sur la côte caribéenne n'avait ni électricité, ni service essentiel de base. Les autorités municipales estimaient qu'il se trouvait en zone inondable et que les droits de propriété n'y étaient pas clairs.

Ces familles se sont organisées, avec l'aide du HCR qui les a informées sur leurs droits. Depuis, les autorités locales leur ont fourni eau et électricité. « Il est fréquent que nous devions leur dire ce que la loi leur ordonne de faire en faveur des personnes déplacées », explique l'un des membres de l'association des déplacés de la plage de Villa Gloria.

Eliecer Baron, leur président, raconte être venu ici après l'assassinat de sa mère par des groupes armés qui voulaient lui voler son bétail. C'était il y a 14 ans dans la région d'Uraba, dans le nord de la Colombie. « Au début, j'ai déménagé dans une autre région, celle de Sucre, où j'ai continué de vivre comme paysan », raconte cet homme de 53 ans. Aujourd'hui, il loue des sièges aux touristes sur la plage. « Puis, deux ans plus tard, la violence a aussi atteint Sucre. C'est alors que j'ai décidé de venir à Carthagène », explique-t-il.

Actuellement, circulent des rumeurs selon lesquelles ces terrains dont personne ne voulait en bord de mer auraient éveillé l'intérêt de promoteurs immobiliers. M. Baron assure qu'il ne déménagera pas une nouvelle fois. « Nous avons déjà été déplacés. Maintenant, on reste. C'est notre droit ». Il estime n'avoir aucune assurance en matière de sécurité s'il retournait chez lui. Il raconte qu'il y a deux ans un de ses amis a été tué peu après avoir fait le pari de rentrer.

 

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