Climat : L'Afrique demande 40% d'un éventuel futur fonds d'adaptation

18 décembre 2009

L'Afrique a proposé vendredi à la Conférence de Copenhague sur le climat la mise en place d'un fonds d'adaptation démarrant avec dix milliards de dollars par an dès 2010-2012 dont 40% serait réservé à la lutte contre le réchauffement sur le continent africain.

Le premier ministre éthiopien, Meles Zenawi, a estimé que ce fonds pourrait être géré par un conseil d'administration où pays donateurs et récipiendaires seraient représentés à parité. M. Zenawi s'exprimait au nom du groupe africain lors de la séance plénière des chefs d'Etat et de gouvernement dans le cadre de la 15e session de la conférence des parties au Protocole de Kyoto.

Sur le long terme, il a proposé que les financements en matière d'adaptation et d'atténuation au changement climatique démarrent en 2013 avec l'objectif de parvenir à abonder un fonds de 50 milliards de dollars par an d'ici 2015 et de 100 milliards d'ici 2020. « Ce n'est pas moins de 50% du fonds qui devrait être alloué aux fins d'adaptation des pays pauvres et vulnérables, ainsi qu'aux régions tels que l'Afrique et les petits Etats insulaires », a-t-il encore expliqué.

Il s'est dit conscient que cette proposition était inférieure aux attentes de son continent. Mais, a-t-il observé, l'Afrique doit faire preuve de souplesse car elle a plus à perdre qu'à gagner en cas d'échec à Copenhague : « Nous perdrons davantage pas seulement parce que notre écologie est plus fragile mais parce que nos jours les meilleurs sont devant nous et l'absence d'accord ici risquerait de tuer notre avenir dans l'œuf ».

Une telle souplesse ne doit toutefois pas être interprétée comme de la faiblesse, a-t-il averti : « L'Afrique n'est pas prête à accepter des mots vides et des accords susceptibles d'affecter ses intérêts fondamentaux ».

Le Secrétaire exécutif de la Commission économique pour l'Afrique (CEA), Abdoulie Janneh, avait souligné mercredi que les pays africains utilisaient trop peu les données climatiques dans leurs politiques de développement, en matière d'agriculture notamment. Cela est dû à la fois à la faiblesse de la demande mais aussi à un manque de services pertinents dans ce domaine.

« Pour un continent où tant de vies, de moyens de subsistance et d'économies nationales reposent sur le climat, il est extraordinaire qu'il soit fait si peu usage de l'information climatique courante afin de guider les prises de décision dans les domaines climatiques sensibles », a-t-il observé.

M. Janneh a rappelé que la CEA, de concert avec la Commission de l'Union africaine et de la Banque africaine de développement, avaient mis en place le programme intitulé Information climatique pour le développement de l'Afrique (ClimDev-Afrique) censé favoriser l'utilisation de l'information dans ce domaine.

 

♦ Recevez des mises à jour quotidiennes directement dans votre boîte mail - Inscrivez-vous ici.
♦ Téléchargez l'application ONU Info pour vos appareils iOS ou Android.