Ouganda : Des classes itinérantes offrent de nouveaux espoirs aux enfants de bergers

16 décembre 2009
La directrice exécutive de l'UNICEF, Ann Veneman.

Il fait à peine jour dans le district de Moroto, au nord-est de l'Ouganda. Bien qu'il soit encore très tôt, des essaims d'enfants arrivent au centre Namatwae d'enseignement élémentaire pour le Karamoja (ABEK).

Il fait à peine jour dans le district de Moroto, au nord-est de l'Ouganda. Bien qu'il soit encore très tôt, des essaims d'enfants arrivent au centre Namatwae d'enseignement élémentaire pour le Karamoja (ABEK).

La classe se trouve sous un arbre où des cendres ont été utilisées pour former un carré bien net pour délimiter les frontières de la classe, complété par une porte à travers laquelle les enfants rentrent avec régularité.

L'âge des élèves varie, de deux ans à la fin de l'adolescence. Une partie des enfants les plus âgés portent leur frère ou leur soeur, bien plus jeunes, sur leur dos, s'occupant d'eux en même temps qu'ils étudient.

Au loin, une jeune fille arrive en apportant un tableau noir au centre ABEK où elle le place contre l'arbre qui se trouve face à la salle de classe. Deux autres enfants apportent une boîte contenant des ardoises et de la craie qui seront distribués aux élèves pour qu'ils l'utilisent pendant le cours.

Namatwae est l'un des 111 centres ABEK mis en place dans le district de Moroto pour permettre aux enfants de Karamoja de mettre en application leur droit à un enseignement de base. En tant que communauté pastorale, les Karamajongs s'occupent de vastes troupeaux de bétail dans leur terre natale semi-aride du nord-est de l'Ouganda.

« La nature pastorale de la communauté a pour conséquence que ses membres se déplacent régulièrement d'un lieu à l'autre. Avoir une école dans un seul endroit ne répondait donc pas exactement au mode de vie de la population, » dit Samuel Loduk qui est chargé de contrôler et de superviser les centres scolaires ABEK de Nadunget.

Cette prise de conscience a conduit à la mise en place de centres ABEK non traditionnels - en fait, des « salles de classe itinérantes » - conçus pour répondre aux besoins des Karamajongs. Les cours ont lieu tôt le matin, idéalement avant que les garçons emmènent faire paître le bétail, et plus tard le soir quand ils retournent chez eux dans les kraals.

« Je me déplace dans le village pour dire aux parents d'emmener leurs enfants à l'école. Nous devrions veiller à ce que nos enfants ne ratent pas cette chance d'avoir une vie meilleure, » dit Rose Nakut, une militante locale de Nadunget.

Nangiro Lowuyo un père de famille qui a suivi les recommandations de Nakut, a décidé, bien qu'il ait passé sa vie entière à élever du bétail comme son père et son grand-père, d'envoyer ses trois jeunes enfants à l'école pour qu'ils puissent ainsi avoir un meilleur avenir.

Le Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF) épaule ces écoles avec le matériel pédagogique contenu dans « l'école en boîte » ainsi qu'avec des trousses de loisirs contenant différents accessoires pour le sport et le jeu.

L'UNICEF a également épaulé la formation des enseignants et des animateurs de l'ABEK qui, tous, sont issus de la communauté. L'enseignement dans les centres inclut l'apprentissage de la lecture, de l'écriture et du calcul et se fait à partir de manuels scolaires conçus à la fois en anglais et dans la langue locale, le NgaKarimojong.

 

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