Chypre : Le Conseil de sécurité demande une intensification des pourparlers

14 décembre 2009

Le Conseil de sécurité des Nations Unies a adopté une résolution lundi dans laquelle il accueille avec satisfaction les progrès accomplis dans les négociations entre Chypriotes grecs et turcs et demande instamment une intensification de ces pourparlers.

Le Conseil a renouvelé par ailleurs le mandat de la force d'interposition de l'ONU jusqu'au 15 juin 2010, décision prise par 14 voix contre une, celle de la Turquie.

Dans sa résolution 1898, le Conseil rend hommage aux dirigeants chypriotes grecs et turcs pour la « détermination politique dont ils ont fait preuve » et il les prie instamment d'accélérer le rythme des négociations. L'objectif est de « parvenir à un règlement global fondé sur une fédération bicommunautaire et bizonale et sur l'égalité politique », précise le texte.

Le Conseil de sécurité se dit « convaincu des avantages nombreux et importants qu'aurait pour tous les Chypriotes un règlement global et durable de la question de Chypre ». Il les encourage « à les exposer clairement aux deux communautés bien avant la tenue éventuelle de tout référendum, en expliquant qu'il importe de faire preuve de davantage de souplesse et d'esprit de compromis » afin de pouvoir bénéficier de tous ces avantages.

Le représentant de la Turquie, Ertugrul Apakan, dont le pays est membre du Conseil de sécurité pour la période 2009-2010, a expliqué qu'il avait voté contre pour des raisons de principe. La Turquie ne s'est jamais opposée à la Force des Nations Unies à Chypre, dont la création en 1964 « visait à protéger les Chypriotes turcs », a-t-il affirmé. En revanche, elle s'est toujours opposée au langage employé dans les résolutions du Conseil qui font référence au « gouvernement de Chypre ».

Ce dernier s'est effondré en 1963 quand les Chypriotes turcs ont été expulsés de toutes les institutions étatiques, y compris du gouvernement, a-t-il expliqué. Depuis cette date, il n'y a jamais eu à Chypre de gouvernement constitutionnel représentant l'ensemble de la population et les deux peuples vivent séparément, chacun relevant d'une administration distincte, a ajouté M. Apakan. Il a dénoncé l'« approche fausse visant à considérer le gouvernement de Chypre comme le gouvernement de l'île tout entière ».

Lancées en septembre 2008, une deuxième phase de négociations a débuté le 11 septembre dernier. Celles-ci portent sur la gouvernance et notamment l'exécutif, les compétences fédérales et les relations extérieures. Dans son rapport sur sa mission de bons offices, le Secrétaire général de l'ONU note « des progrès à plusieurs niveaux » mais « pas encore de convergence ».

Créée par la résolution 186 du 4 mars 1964, la Force des Nations Unies chargée du maintien de la paix à Chypre (UNFICYP) a pour mandat d'empêcher la reprise des combats entre les communautés chypriotes grecque et turque, et de contribuer à la restauration et au maintien de l'ordre public. Depuis 1974, l'UNFICYP est également chargée de superviser le cessez-le-feu et le respect de la zone tampon. Au 31 octobre 2009, l'UNFICYP comptait 858 militaires de sept nationalités et 69 policiers de 10 pays.

 

♦ Recevez des mises à jour quotidiennes directement dans votre boîte mail - Inscrivez-vous ici.
♦ Téléchargez l'application ONU Info pour vos appareils iOS ou Android.

Suivre l'actualité : précédents articles sur le sujet

Chypre : Optimisme prudent concernant les pourparlers de paix

L'ONU constate une « convergence croissante » des dirigeants chypriote grec et chypriote turc sur de nombreuses questions qui les divisent, a déclaré mercredi un responsable des Nations Unies, exprimant un optimisme prudent concernant les pourparlers de paix destinés à réunifier l'île de Chypre.