COUP DE PROJECTEUR : Pas de fatalité des catastrophes naturelles, selon Wahlström

10 décembre 2009

Alors que le Sommet de Copenhague sur le changement climatique s'est ouvert cette semaine, la Sous-Secrétaire générale pour la réduction des risques des catastrophes, Margareta Wahlström, estime que de nombreux Etats, particulièrement parmi ceux qui sont le plus exposés, ont fait des efforts considérables ces dernières années dans la prévention des risques en cas de catastrophe naturelle majeure.

Dans un entretien accordé au Centre d'actualités de l'ONU, Mme Wahlström explique qu'il s'est produit une prise de conscience au niveau gouvernemental grâce à deux événements : le tsunami de 2004 et le changement climatique avec toutes ses retombées négatives possibles. En matière de prévention, elle note qu'il existe un certain nombre de mesures toutes simples qui peuvent être prises pour se protéger.

En matière de séismes par exemple, elle explique que l'élaboration de plans d'urgence au niveau local prévoyant l'organisation des premiers secours permet d'éviter une phase de confusion, selon elle. « La priorité dans les premières heures, explique-t-elle, est de s'assurer que les gens soient secourus ; c'est à leur propre communauté d'agir car elle sait qui est blessé, où les gens se trouvent, ce qui implique qu'il y ait un plan prévu afin de localiser les victimes. »

Au niveau gouvernemental, il s'agit « de connaître les risques et de prévoir en conséquence ». Concrètement, il faut « s'assurer que écoles, hôpitaux et infrastructures publiques respectent certaines normes de sécurité. Toutes ces choses sont des questions très concrètes que les Etats prennent en compte de mieux en mieux. » Elle cite le cas de l'Iran qui « vient de lancer un grand programme visant à s'assurer que la sécurité de toutes les écoles était évaluée ».

Elle rappelle que si au Bangladesh, un cyclone pouvait faire 300.000 morts en 1970, ce n'est plus le cas aujourd'hui : « Décennie après décennie, il y a eu un gros travail de fait pour construire des abris, préparer la population, mettre en place des systèmes d'alerte précoce et de secours, de sorte qu'aujourd'hui, s'il y a malheureusement encore plusieurs milliers de personnes qui meurent, cela n'a plus rien à voir avec ce qui se passait il y a trente ans ».

Et dans ce domaine, le niveau de développement d'un pays n'est pas toujours une garantie en matière de prévention. Elle cite l'exemple de l'ouragan Katrina aux Etats-Unis « au cours duquel il y a eu une déficience surprenante du système », ou du tremblement de terre dévastateur de Kobe au Japon en 1995. Depuis, « le gouvernement japonais est devenu l'un des premiers exemples d'Etat ayant œuvré d'arrache-pied et de manière déterminée pour assurer une meilleure sécurité au pays. »

Cuba est, selon elle, un autre exemple de réussite en matière de prévention, contrairement à Haïti, alors que les deux pays sont tout aussi fréquemment balayés par des ouragans. « Une préparation extrêmement bonne et l'évacuation anticipée des populations avant le passage des ouragans ont permis de parvenir à des pertes de vies minimes à Cuba. La destruction matérielle est devenue minimale elle aussi car ils attachent les toits des maisons et font en sorte de protéger autant que possible les infrastructures physiques. Haïti a été très durement frappé par des ouragans car il n'a pas été en mesure d'anticiper et d'organiser la même prévention, en raison d'une situation instable et d'une pauvreté extrême. »

 

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