Burundi : De nombreux résultats obtenus mais la paix reste fragile - Ban

3 décembre 2009

Le Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, se félicite dans un rapport publié jeudi des nombreux résultats obtenus en un laps de temps réduit au Burundi mais estime que la situation actuelle reste cependant fragile.

« L'année qui vient sera déterminante. Il faut aider le Burundi afin de consolider avant, pendant et après les élections de 2010 les résultats déjà obtenus », écrit M. Ban dans ce rapport remis au Conseil de sécurité.

« Compte tenu de ce qui précède, je recommande de renouveler pour un an le mandat du Bureau intégré des Nations Unies au Burundi (BINUB), qui vient à expiration le 31 décembre 2009 », ajoute-t-il.

Le Secrétaire général note avec satisfaction que les Forces nationales de libération (FNL), qui étaient le dernier mouvement rebelle, ont déposé les armes et se sont transformées en parti politique, assurant ainsi en grande partie la conclusion de la dernière phase du processus de paix.

Il félicite le gouvernement burundais et les partis politiques d'avoir su s'élever au-dessus de leurs différences et engager le dialogue. Selon lui, il incombe au premier chef au gouvernement et à ses partenaires nationaux de créer des conditions qui permettent le bon déroulement des élections. « À cet égard, l'affirmation plusieurs fois répétée par le Président Nkurunziza que ces élections seront libres, équitables et pacifiques est encourageante », dit-il.

Le Secrétaire général exhorte le gouvernement et les partis politiques à poursuivre leurs efforts pour préserver l'indépendance et la crédibilité de la Commission électorale nationale indépendante.

Selon lui, les rapports faisant état de limitations à la liberté d'assemblée et d'expression des partis d'opposition imposées par les autorités locales sont préoccupants. Cela est également le cas des rapports d'activités militantes de groupes de jeunes qui seraient associés à certains partis politiques et qui suscitent la peur et la crainte.

Le Secrétaire général se déclare également gravement préoccupé par les violations des droits de l'homme et le climat d'impunité qui prévaut, notamment le fait qu'aucune suite n'a été donnée à un certain nombre de crimes graves. « À cet égard, une conclusion rapide et juste de l'affaire concernant le meurtre du vice-président de l'Observatoire de lutte contre la corruption et les malversations économiques représenterait un pas important dans la bonne direction », dit-il.

Ban Ki-moon encourage le gouvernement à persévérer dans ses efforts de lutte contre la corruption et à poursuivre les réformes structurelles destinées à améliorer la gouvernance politique, économique et administrative.

En matière de sécurité, bien que le gouvernement et ses partenaires internationaux aient obtenu des résultats encourageants pour ce qui est de réduire le nombre d'armes légères détenues par la population, la faiblesse des capacités institutionnelles constitue toujours un grave problème, estime-t-il. « De nouveaux efforts visant à professionnaliser la police et à renforcer le secteur de la justice sont essentiels pour consolider les résultats obtenus », ajoute-t-il.

Par ailleurs, il juge encourageants la démobilisation et la réinsertion des ex-combattants des FNL ainsi que le désengagement des adultes et des enfants associés aux FNL. Mais, il note que la réintégration socioéconomique à long terme des ex-combattants, des rapatriés et des membres d'autres groupes vulnérables reste difficile.

 

♦ Recevez des mises à jour quotidiennes directement dans votre boîte mail - Inscrivez-vous ici.
♦ Téléchargez l'application ONU Info pour vos appareils iOS ou Android.

Suivre l'actualité : précédents articles sur le sujet

Burundi : La réinsertion des enfants libérés par les groupes armés est une priorité - Ban

Le Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, juge encourageant dans un rapport publié vendredi qu'il n'y ait plus depuis août 2009 au Burundi d'enfants associés aux groupes armés et il a appelé le gouvernement burundais à faire de la réinsertion complète des 626 enfants libérés une priorité.