Ban : L'esclavage est un fléau toujours bien réel

2 décembre 2009
Gulnara Shahinian, Rapporteuse spéciale sur les formes contemporaines d'esclavage.

Les formes contemporaines d'esclavage à travers le monde restent un problème grave qui n'a toujours été résolu, a déclaré mercredi le Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, à l'occasion de la Journée internationale pour l'abolition de l'esclavage célébrée chaque année le 2 décembre.

Il a appelé à davantage d'efforts pour répondre à la pauvreté et aux inégalités sociales qui rendent les gens vulnérables à l'asservissement.

Selon le Secrétaire général, la longueur de la liste des nouvelles et anciennes formes d'esclavage est « choquante », qu'il s'agisse de l'asservissement lié à des dettes, du servage, du mariage forcé, de l'exploitation des prostitués ou de l'usage d'enfants soldats.

« La majorité de ceux qui souffrent sont les pauvres et ceux qui sont exclus socialement, tels que les minorités et les migrants », a dit M. Ban. « Les facteurs de pauvreté, de classe et de race créent des problèmes structuraux et des cycles de marginalisation qui sont difficiles à casser ».

De son côté, l'experte indépendante auprès des Nations Unies sur les formes contemporaines d'esclavage, Gulnara Shahinian, a noté que les employées domestiques « qui sont surmenées, sous-payées et victimes d'abus, qu'ils soient de nature physique, psychologique ou sexuel, sont effectivement traitées comme des esclaves ».

Selon elle, cette forme d'esclavage a lieu partout dans le monde. « Des employées domestiques sont battues, violées, forcées à la réclusion, privées de nourriture et de contact avec d'autres personnes », a souligné Mme Shahinian. « Malgré ces conditions de travail inhumaines, elles sont souvent coincées en raison de manque d'information ou d'opportunité pour obtenir de l'aide, ainsi qu'en raison des pressions financières et des dettes ».

Les travailleurs migrants sont particulièrement vulnérables en raison de leur statut juridique instable et les emplois domestiques sont souvent un prétexte pour attirer des femmes et des filles à l'étranger, en les trompant sur la nature réelle du travail, a-t-elle ajouté.

 

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