Népal : Le processus de paix souffre d'un blocage prolongé, selon Landgren
« Si des progrès limités ont été obtenus dans le cadre des efforts pour relancer les tâches qui restent à accomplir dans le cadre du processus de paix, ce processus dans l'ensemble souffre d'un blocage prolongé auquel s'ajoute un risque d'affrontement », a dit Mme Landgren, qui est également chef de la Mission des Nations Unies au Népal (MINUNEP).
Selon elle, en l'absence d'un cadre clair de coopération, il serait difficile d'envisager une sortie structurée de la Mission des Nations Unies à la fin de son mandat actuel, le 23 janvier 2010. Elle a toutefois rappelé que les dirigeants politiques népalais, comme la société civile, « avaient démontré leur capacité à conclure des accords de consensus à la onzième heure », ajoutant qu'il « est possible que dans les jours à venir, une telle percée sera réalisée ».
Mme Landgren a expliqué que l'impasse résultant de la crise de mai 2009 reste sans solution. Le Président du Népal avait refusé le renvoi du chef d'état-major décidé par le Premier Ministre issu du Parti maoïste, ce qui avait entraîné la démission de ce dernier et le départ du Parti communiste népalais unifié/maoïste (PCNU-M) de la coalition gouvernementale.
Après trois mois de calme en raison de la saison des fêtes népalaises, les maoïstes dont les revendications n'ont pas été satisfaites, notamment sur la question des pouvoirs présidentiels sur l'armée, ont repris leurs manifestations et ont lancé, le 1er novembre, un plan national de manifestation, a ajouté la Représentante du Secrétaire général. Constatant que le niveau de confiance entre les parties « n'a cessé de baisser » et que les pourparlers entre les principaux partis politiques n'ont pas abouti, elle a estimé qu'il serait bon, en attendant la nouvelle constitution, qu'un accord soit conclu sur la question des pouvoirs présidentiels.
Mme Landgren a en outre rappelé que, si les manifestions organisées par le PCNU-M s'étaient déroulées dans le calme, on signalait depuis quelques jours des affrontements de faible ampleur entre membres des organisations de jeunesse des communistes maoïstes et des communistes léninistes dans l'est du pays. Dans le climat actuel de tensions, il existe un véritable risque d'affrontement, a averti la représentante, qui a insisté sur l'urgence d'une désescalade des tensions.
Dès 2008, le précédent représentant du Secrétaire général s'inquiétait de l'arrêt des efforts destinés à créer un gouvernement de coalition, a rappelé Mme Landgren, alors même que les partis népalais reconnaissaient depuis longtemps qu'un gouvernement d'unité serait nécessaire pour assurer le succès du processus de paix. L'impact négatif de la présence dans l'opposition d'un des principaux partis -hier le Parti népalais du Congrès, aujourd'hui le PCNU-M- est évident, a-t-elle fait remarquer. Les maoïstes représentent une des parties à l'Accord de paix de 2006 et sont un partenaire essentiel qui détient près de 40% des sièges à l'Assemblée constituante, a-t-elle rappelé.