Liban : Les armes hors du contrôle du gouvernement toujours une menace

27 octobre 2009
Terje Roed-Larsen, envoyé spécial pour la mise en oeuvre de la résolution 1559 du Conseil de sécurité sur le Liban.

En dépit de progrès dans l'application de la résolution du Conseil de sécurité sur la souveraineté du Liban, la persistance de milices et d'armes non soumises au contrôle du gouvernement continuent de représenter une menace, selon un rapport du Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon.

« Je me félicite que des progrès continuent d'être réalisés dans l'application de la résolution 1559 (2004) du Conseil de sécurité », affirme M. Ban dans ce rapport qui a été présenté mardi par son représentant chargé du suivi de l'application de la résolution 1559, Terje Roed-Larsen, lors d'une séance du Conseil de sécurité.

La situation politique et sécuritaire au Liban a été généralement calme et stable ces derniers mois. Toutefois, la situation demeure précaire. Il est par conséquent impératif que le Liban préserve son cadre politique global de coexistence, tel qu'il a été défini dans l'Accord de Taëf, dans un climat exempt de violence et d'intimidation, selon le document.

« La présence d'armes dans le pays hors du contrôle du gouvernement et le maintien de milices contribuent à susciter des tensions et l'insécurité au Liban et au-delà et pourrait à terme aboutir à la reprise des hostilités si des mesures ne sont pas prises immédiatement pour y faire face », estime le Secrétaire général.

« Les incidents en matière de sécurité mettent en évidence la présence d'armes et de groupes armés qui continuent d'opérer au Liban et dont l'existence constitue une violation de la résolution 1559 (2004) et une menace directe pour la stabilité du pays et la région dans son ensemble. On n'insistera jamais assez sur les menaces que fait peser l'existence des milices en dehors du contrôle de l'État, en particulier l'énorme infrastructure paramilitaire du Hezbollah. La dissolution et le désarmement des milices constituent un élément nécessaire pour la consolidation du Liban en tant qu'État souverain et démocratique », indique le rapport.

Ban Ki-moon lance un appel à toutes les parties, à l'intérieur et à l'extérieur du Liban, afin qu'il soit mis immédiatement fin à toute action visant à transférer et acquérir des armes et à constituer des capacités paramilitaires en dehors du contrôle de l'État.

Au plan de la politique interne, le Secrétaire général dit attendre avec intérêt de collaborer étroitement avec le nouveau gouvernement.

« J'attends avec intérêt la convocation de nouvelles sessions du Dialogue national par le président Michel Sleiman une fois qu'un nouveau gouvernement aura pris fonction », dit-il. « Je n'ignore pas que la question des armes du Hezbollah reste au centre du débat politique au Liban et du processus de réconciliation après la guerre civile ».

Il demande aux dirigeants du Hezbollah d'achever la transformation du groupe en parti politique uniquement libanais, conformément aux dispositions de l'Accord de Taëf. « Les parties régionales qui ont des liens étroits avec le Hezbollah doivent l'encourager dans ce sens », écrit le Secrétaire général.

« Par ailleurs, le maintien par le FPLP-CG et le Fatah al-Intifada [deux mouvements palestiniens], dont le siège est à Damas, d'une infrastructure paramilitaire à l'extérieur des camps de réfugiés, en particulier le long de la frontière syro-libanaise, est un motif de grave préoccupation », ajoute-t-il.

« Il est par conséquent indispensable que le nouveau gouvernement applique les décisions adoptées dans le cadre du Dialogue national en 2006, et qui ont été récemment adoptées de nouveau, pour démanteler et désarmer les groupes palestiniens à l'extérieur des camps de réfugiés », affirme-t-il.

 

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