Il faut donner une chance à tous les Afghans qui ont voté, affirme Kai Eide

12 octobre 2009

Le représentant spécial de l'ONU en Afghanistan, Kai Eide, a expliqué une fois de plus, dimanche à Kaboul, la position des Nations Unies face au décompte des voix dans l'élection présidentielle du 20 août, en dépit des fraudes.

« Tous les Afghans doivent avoir une chance d'exprimer leur choix, et les bulletins placés régulièrement dans l'urne, parfois en prenant des risques considérables, doivent être comptés », a insisté M. Eide lors d'une conférence de presse.

Il souhaitait répondre aux accusations exprimées par son ex-adjoint Peter Galbraith, selon lesquelles l'ONU aurait fermé les yeux sur la fraude électorale en faveur du président sortant Hamid Karzaï – affirmations qui ont selon M. Eide « affecté tout le processus de l'élection ».

Kai Eide a indiqué vouloir prendre la parole « non pas pour défendre ni pour attaquer mais pour expliquer ». Il a d'abord reconnu que l'élection « avait été marquée par de nombreux problèmes dont le moindre n'est pas la fraude courante ». « Il est vrai qu'un certain nombre de bureaux de vote ouverts dans le sud et les sud-est ont connu une fraude importante. Mais ce ne sont pas les seuls endroits. L'étendue de cette fraude est encore en cours d'examen », a-t-il expliqué.

Kai Eide a sur ce point défendu les efforts de la Mission d'assistance des Nations Unies en Afghanistan (MANUA), avant l'élection, pour ouvrir autant de bureaux de votes que possible y compris dans les zones dangereuses. Ces efforts ont permis d'ouvrir 6.200 centres sur les 7.000 envisagés, contre l'avis de M. Galbraith qui souhaitait éliminer 1.200 de ces bureaux qualifiés de « fantômes » parce qu'ils ne seraient pas utilisés.

Le représentant spécial a aussi rappelé un principe fondamental du fonctionnement de la Mission : la MANUA n'a pas eu de mandat du Conseil de sécurité pour observer les élections, justement parce qu'elle a eu celui d'appui à l'organisation.

Elle s'est donc trouvée dans une situation délicate de conseil tout en évitant un conflit d'intérêt. Kai Eide a personnellement insisté pour que le personnel de l'ONU soit sur le terrain, pour prévenir par sa présence les tentatives de fraude.

Le représentant spécial a aussi nommé trois des cinq commissaires de la Commission électorale indépendante afghane, mais, dit-il, « je ne les influence pas ».

« Ce que j'ai fait cependant, dès que les élections se sont achevées, c'est appeler le ministre de l'Intérieur pour m'assurer que la protection des entrepôts où sont gardés les bulletins reste adéquate », a-t-il expliqué.

Par ailleurs, un expert colombien qui a l'expérience de 17 élections a été mis à la disposition de la Commission. Il ne s'agit pas d'influence mais « d'assistance », a-t-il insisté. Un autre expert, l'Espagnol Lopez Pento, sociologue spécialisé depuis 40 ans dans les élections, donne aussi son avis.

« C'est tout à fait dans notre mandat de soutenir les élections mais pas d'en affecter le résultat », a dit Kai Eide, qui a réaffirmé sa conviction que le résultat de l'élection pourrait donner un gouvernement légitime à l'Afghanistan.

 

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