Education primaire universelle : Il faut recruter des millions d'enseignants

5 octobre 2009

On estime que 10,3 millions de nouveaux enseignants doivent être recrutés dans le monde - 1,3 million par an - en huit ans (2007-2015) pour que soit atteint d'ici à 2015 l'objectif d'Education Primaire Universelle (EPU), selon les nouveaux chiffres publiés par l'Institut de statistique de l'Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO) à l'occasion de la Journée mondiale des enseignants célébrée le 5 octobre.

On estime que 10,3 millions de nouveaux enseignants doivent être recrutés dans le monde - 1,3 million par an - en huit ans (2007-2015) pour que soit atteint d'ici à 2015 l'objectif d'Education Primaire Universelle (EPU), selon les nouveaux chiffres publiés par l'Institut de statistique de l'Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO) à l'occasion de la Journée mondiale des enseignants célébrée le 5 octobre.

Cette année, la Journée mondiale des enseignants met l'accent sur la pénurie d'enseignants dans le monde et le défi que représente le renforcement du corps enseignant et de sa capacité à dispenser une éducation de qualité, à un moment où la crise financière et économique internationale exerce une pression croissante sur les budgets de l'éducation, souligne l'UNESCO dans un communiqué.

« De nombreux pays font d'énormes efforts pour que les objectifs en matière d'éducation soient atteints », a déclaré Koïchiro Matsuura, directeur général de l'UNESCO. « Mais ils n'y parviendront pas sans recruter et former un nombre beaucoup plus important d'enseignants. Nous ne pouvons pas laisser la crise financière et économique couper dans les budgets de l'éducation. Des dépenses réduites en matière d'éducation auront des conséquences à court et moyen terme sur la qualité de l'éducation. »

« La période que nous vivons est cruciale si l'on veut tenir nos engagements », a-t-il continué. « Je suis profondément préoccupé par la baisse de 22% remarquée entre 2006 et 2007 dans le domaine de l'aide à l'éducation de base. D'autres compressions budgétaires en matière d'aide pourraient sérieusement menacer les progrès réalisés depuis 2000 dans de nombreux pays à faible revenu, particulièrement en Afrique, où la pénurie d'enseignants est la plus aiguë.»

Vingt-six des quarante-cinq pays de l'Afrique subsaharienne font face à un manque crucial d'enseignants, selon de nouvelles projections émanant de l'Institut de statistique de l'UNESCO. Dans ces pays, il y avait 2,6 millions d'enseignants dans les classes en 2007. Il faut que ce nombre aille croissant jusqu'à atteindre 3,7 millions, en seulement huit ans, pour répondre à l'objectif de l'EPU pour 2015. Cela veut dire que pour deux enseignants en 2007 dans la région, il devra y en avoir trois en 2015. La République centrafricaine, par exemple, devra augmenter ses effectifs d'enseignants de 18,5% chaque année pour parvenir à un nombre suffisant d'enseignants en 2015. La pénurie d'enseignants est également sévère en Erythrée (15,9%), pays suivi par le Tchad (13,8%), le Niger (12,5%) et le Burkina-Faso (12,0%).

« Les conditions d'apprentissage sont déjà très difficiles dans de nombreux pays, » a ajouté Nicholas Burnett, le sous-directeur général pour l'éducation. « Des ratios enseignant-enseignés plus élevés, des charges de travail plus lourdes pour les enseignants, des blocages dans leur recrutement et un manque de formation pourraient encore aggraver le déficit en qualité existant. Nous ne pouvons opérer la reconstruction économique sans investir dans l'éducation, et particulièrement sans investir dans les enseignants, un élément clé de la réussite des étudiants. »

Les premiers témoignages recueillis par l'UNESCO indiquent que les gouvernements des pays en développement font de réels efforts pour protéger les budgets de l'éducation. Mais les effets de la crise n'apparaissent pas encore complètement dans les données financières, notamment les dépenses publiques en matière d'éducation pour 2009. Les baisses soudaines de revenu et la perspective de la réduction de l'aide extérieure pourraient sérieusement ébranler la capacité des pays à soutenir l'expansion de l'éducation et à en maintenir la qualité.

L'étude de l'UNESCO révèle que le Mexique, par exemple, est au nombre des pays ayant introduit une série de mesures incitatives qui visent à améliorer l'infrastructure éducationnelle, et que l'Egypte a voté un budget prévoyant une hausse des dépenses d'éducation. Par contre, le Ghana a gelé le recrutement d'enseignants et le Pakistan a diminué son budget relatif à l'éducation de base.

Selon l'Internationale de l'Education, la fédération mondiale des syndicats d'enseignants qui représente 30 millions d'enseignants et de travailleurs de l'éducation dans 172 pays, les pays d'Europe centrale et orientale ont été particulièrement touchés par la crise. Une étude menée dans cette région fait état de retards de paiement pour les salaires en Roumanie et de baisses de salaire en Lettonie, en Lituanie, en Bosnie-Herzégovine, en République tchèque et en Hongrie.

Pour aider les pays à améliorer les politiques concernant le monde enseignant, l'UNESCO a lancé son Initiative pour la Formation des Enseignants en Afrique subsaharienne (TTISSA) en 2006. Dans le but d'aider les pays à faire un diagnostic national de leurs besoins, base d'un développement de politiques d'ensemble, TTISSA a mis au point un kit de ressources pour le développement de politiques relatives aux enseignants. Ce guide méthodologique permet aux pays de cartographier la situation des enseignants en analysant des domaines tels que le recrutement, l'éducation, le déploiement des effectifs, l'absentéisme, la rémunération et le statut. De façon plus large, il aborde également le contexte professionnel et social. Le kit a été expérimenté au Bénin et en Ouganda en 2009 et il sera publié à la fin de cette année.

 

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