RDC : Ban demande le retour de l'Etat dans les zones contrôlées par les rebelles

30 septembre 2009

Citant des progrès « inégaux » en République démocratique du Congo (RDC), le Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, insiste dans son dernier rapport sur la poursuite des opérations contre les rebelles génocidaires rwandais des FDLR et le rétablissement de l'autorité de l'Etat là où elles ont été couronnées de succès.

Citant des progrès « inégaux » en République démocratique du Congo (RDC), le Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, insiste dans son dernier rapport sur la poursuite des opérations contre les rebelles génocidaires rwandais des FDLR et le rétablissement de l'autorité de l'Etat là où elles ont été couronnées de succès.

« L'incorporation des groupes armés congolais dans les FARDC [l'armée régulière congolaise] s'est poursuivie mais s'est heurtée à certains problèmes du fait que quelques groupes armés ont soustrait certains de leurs éléments à cette opération et que d'autres ont retiré leur participation, et se sont même parfois alliés aux FDLR contre les FARDC », affirme M. Ban dans ce rapport au Conseil de sécurité.

Les FDLR (Forces démocratiques de libération du Rwanda) sont composées d'anciens responsables du génocide rwandais de 1994 ayant fui vers l'Est de la RDC, ainsi que de leurs partisans, responsables de massacres contre les civils et de l'exploitation illégale des ressources naturelles du Congo. Un récent accord entre la RDC et le gouvernement du Rwanda est venu renforcer les opérations visant à obtenir leur désarmement et leur rapatriement vers le Rwanda.

L'opération Kimia II contre les FDLR a rencontré des succès au Nord-Kivu et s'est étendu au Sud-Kivu, ce qui a poussé de nouveaux éléments des FDLR à se porter candidats au rapatriement. Malheureusement, les FDLR a multiplié ses odieuses attaques contre les civils, ce qui a provoqué de nouveaux déplacements de populations, précise le rapport.

« Les problèmes qui continuent de se poser dans les Kivus sont redoutables et risquent de compromettre la consolidation de la paix et de la stabilité dans l'est de la République démocratique du Congo s'ils ne sont pas réglés rapidement et globalement », ajoute-t-il.

Le rapport demande la fourniture des « ressources supplémentaires » autorisées par la résolution 1843 (2008) du Conseil de sécurité, notamment 16 hélicoptères et du matériel de renseignement.

« Il faudra aussi prendre les mesures voulues pour mettre fin à la présence des FDLR dans l'est de la République démocratique du Congo; ainsi, les mesures à prendre par les États Membres devront viser les dirigeants des FDLR se trouvant sur leur territoire pour empêcher qu'un appui soit apporté aux commandants de ces forces dans l'est de la RDC », poursuit Ban Ki-moon.

« Il importe aussi que le rétablissement de l'autorité de l'État congolais dans les régions dont les FDLR ont été chassées s'accompagne d'une démilitarisation des zones minières et de leur transfert aux autorités légitimes de l'État et que, parallèlement, on rétablisse les institutions sur lesquelles reposent l'administration, la police et le système judiciaire sur l'ensemble du territoire des provinces de l'est », insiste le Secrétaire général.

Il se dit par ailleurs « très préoccupé par l'impact sur les populations civiles des opérations militaires engagées contre les FDLR et l'Armée de résistance du Seigneur (LRA), ainsi que par les représailles auxquelles se livrent ces groupes ».

« Les actes de violence sexuelle et autres violations des droits de l'homme commises par des éléments des FARDC sont tout aussi inacceptables, et il doit y être mis fin si l'on veut que le peuple congolais puisse enfin cueillir les fruits de la paix », ajoute-t-il.

M. Ban salue « les dispositions prises par le gouvernement congolais pour lutter contre l'impunité en renforçant la politique de tolérance zéro au sein des FARDC et en mettant en place des tribunaux militaires dans les Kivus, d'autant plus que ces dispositions semblent produire des résultats ». Il engage néanmoins les autorités de la RDC à veiller à ce que les tribunaux militaires respectent les garanties d'une procédure régulière, y compris le droit d'interjeter appel, et à ce que les commandants d'unités dont les hommes ont commis des violations des droits de l'homme voient aussi leur responsabilité engagée.

 

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