Guinée : Pillay réclame une enquête sur la répression sanglante de manifestants

30 septembre 2009

La Haut Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme, Navi Pillay, a réclamé mercredi une enquête indépendante sur les informations faisant état de nombreux cas d'exécutions sommaires et autres violations des droits de l'homme commis par les forces de l'ordre en Guinée lors de la violente répression de la manifestation du 28 septembre - une répression condamnée par le Conseil de sécurité.

« Je prends note de la décision des autorités guinéennes de mener une enquête afin de savoir qui a ordonné d'ouvrir le feu sur les manifestants, » a déclaré Mme Pillay. « J'aimerais néanmoins insister sur le fait qu'il est essentiel que cette enquête soit indépendante et impartiale afin que les auteurs d'exécution sommaires, de viols et des autres violations des droits de l'homme soient traduits en justice »

« Le bain de sang de lundi ne doit pas ajouter au climat d'impunité qui règne depuis des décennies dans le pays, » a ajouté Mme Pillay.

La Haut Commissaire a condamné fermement l'usage excessif de la force, y compris les tirs à balles réelles, par les forces de sécurité guinéennes afin de disperser une manifestation pacifique organisée à Conakry en faveur de la restauration de l'ordre constitutionnel, après neuf mois d'exercice du pouvoir par la junte militaire.

Mme Pillay a exprimé également sa profonde préoccupation face aux rapports faisant état de plus de 130 morts, de viols dont ont été victimes des femmes, ainsi que de violences, d'arrestations arbitraires et de pillages de domicile à l'encontre de membres de l'opposition politique.

Elle a rappelé que la Guinée est partie à la plupart des instruments internationaux relatifs aux droits de l'homme qui imposent le respect, entre autres, du droit à la vie, de la liberté d'expression et du droit d'assemblée.

De nombreuses exécutions sommaires et autres violations des droits de l'homme ont eu lieu durant le règne de l'ancien président Lansana Conté, en particulier lors de la répression des manifestions de juin 2006 et de janvier-février 2007. « Une commission d'enquête indépendante avait été mise en place pour faire la lumière sur ces événements, » a déclaré Mme Pillay, «mais, faute de volonté politique, elle n'a jamais fonctionné. Cette carence a sans doute été un facteur des violences de lundi. Il est donc important que la Guinée ne répète pas cette erreur. »

De son côté, le Conseil de sécurité a condamné mercredi, par la voie d'une déclaration à la presse de sa présidente pour le mois de septembre, l'ambassadrice des Etats-Unis Susan Rice, la répression en Guinée, notamment le meurtre de manifestants et les viols commis en plein jour.

 

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