Honduras : Le Conseil de sécurité exige que l'ambassade du Brésil soit respectée

25 septembre 2009
La capitale du Honduras, Tegucigalpa.

Le Conseil de sécurité, par une déclaration de sa présidente à la presse, a souligné vendredi l'importance de respecter l'inviolabilité de l'ambassade du Brésil à Tegucigalpa (Honduras), où a trouvé refuge le président élu du pays, José Manuel Zelaya.

« Les membres du Conseil de sécurité ont condamné les actes d'intimidation contre l'ambassade brésilienne et appelé le gouvernement de fait du Honduras à cesser son harcèlement et à continuer de fournir tous les services nécessaires, y compris l'eau, l'électricité, la nourriture et les communications », a déclaré à la presse Susan Rice, ambassadrice des Etats-Unis, dont le pays préside le Conseil au mois de septembre.

Elle a ajouté que le Conseil appelait les parties à « rester calmes et à éviter toutes mesures de nature à provoquer une escalade de la situation ou à mettre des individus en danger ».

Cette déclaration avait été appelée de ses voeux par le ministre des relations extérieures du Brésil, Celso Amorim, qui avait prévenu dans la journée le Conseil que ceux qui ont commis le coup d'État au Honduras menaçaient de rompre l'inviolabilité de l'ambassade du Brésil à Tegucigalpa, en vue d'arrêter par la force le président élu du Honduras, José Manuel Zelaya, qui y a trouvé refuge.

Il ne s'agit pas d'un simple soupçon, a-t-il dit, assurant que le gouvernement brésilien dispose d'informations claires à cet égard. Depuis que le président Zelaya et son entourage ont trouvé refuge dans l'ambassade du Brésil, « celle-ci est pratiquement en état de siège », a-t-il dit lors d'une séance du Conseil de sécurité réunie à sa requête. « Les communications ont été coupées, l'accès à la nourriture est restreint et la circulation des véhicules officiels du Brésil a été interdite », a indiqué M. Amorim.

Cette menace, a rappelé le ministre, est en contradiction totale avec les Conventions de Vienne sur les relations diplomatiques et sur les relations consulaires et, notamment, avec la récente règle établie par la Commission interaméricaine des droits de l'homme, selon laquelle le gouvernement de facto du Honduras ne doit pas menacer la protection et la sécurité du président Zelaya et de toutes les personnes qui ont trouvé refuge à l'ambassade du Brésil.

Il a ensuite déclaré que le Conseil de sécurité, en ayant accepté la demande du Brésil de tenir cette réunion d'urgence, reconnaissait que la situation à l'ambassade du Brésil au Honduras constituait une menace à la paix et à la sécurité dans la région.

Lors du débat au niveau des chefs d'Etats à l'Assemblée générale ces trois derniers jours, de nombreux pays d'Amérique latine notamment se sont élevés contre le coup d'Etat contre le président Zelaya, dont le Brésil, le Venezuela, le Guatemala et Haïti, l'Espagne, le Paraguay, le Chili, l'Uruguay, l'Argentine, El Salvador, la République dominicaine et la Bolivie.

Selon la presse, le président par intérim Roberto Micheletti a renversé le 28 juin dernier le président élu Manuel Zelaya. Il a imposé un couvre-feu militaire le 21 septembre quand le président Zelaya est rentré d'exil et s'est réfugié à l'ambassade du Brésil dans la capitale Tegucigalpa.

 

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