Lutter contre l'impunité et la discrimination sont des priorités de l'ONU - Pillay

15 septembre 2009

Lutter contre l'impunité et la discrimination sont des priorités de l'ONU, a rappelé mardi la Haut commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme, Navi Pillay, devant le Conseil des droits de l'homme de l'ONU réuni à Genève.

« Eliminer la discrimination est un devoir de la plus grande importance », a dit Mme Pillay. Selon elle, il y a un « énorme écart » entre les « nobles promesses » faites par les Etats et les réalités de la vie de tous les jours pour nombre de leurs citoyens, notant qu'aucun pays « ne pouvait affirmer être exempt de violations des droits de l'homme ».

Mme Pillay, qui vient d'achever sa première année à la tête du Haut Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme (HCDH), a ainsi pointé du doigt 17 pays européens où la violence et la discrimination contre les Roms ont été signalés, allant d'attaques meurtrières à la brutalité policière en passant par les expulsions et la discrimination systématique.

En Amérique latine, elle a noté des développements positifs concernant l'approche prise par certains Etats concernant les populations autochtones, mais a ajouté que « les saisies de terres, la suppression des coutumes traditionnelles, la violence et les attaques meurtrières continuent d'avoir lieu ».

Concernant la Chine, elle a appelé les autorités de ce pays à respecter les droits de l'homme dans leurs efforts pour faire respecter la loi et à « réfléchir aux causes sous-jacentes » d'incidents tels que les troubles dans les régions autonomes du Xinjiang et du Tibet qui incluent la discrimination et l'incapacité à protéger les droits des minorités.

La Haut commissaire a aussi souligné le fait que les droits des femmes continuent d'être niés ou entravés dans de nombreux pays. Tout en notant certaines améliorations dans la région du Golfe, elle a estimé que la situation générale des femmes dans cette région « est loin de correspondre aux standards internationaux ».

Navi Pillay a lancé un appel à tous les gouvernements pour combattre l'impunité en matière de crimes commis lors de conflits armés, et en particulier ceux dirigés contre des civils.

Selon elle, un nombre « intolérable » de personnes déplacées continuent de vivre dans des camps, ajoutant que dans le cas du Sri Lanka, « les personnes déplacées sont effectivement détenues dans des conditions d'internement ».

Mme Pillay a aussi appelé à lutter contre la tendance mondiale chez les gouvernements ou d'autres forces ayant du pouvoir à persécuter ou même à tuer des opposants et des dissidents pacifiques. « Dans de trop nombreux pays, des avocats des droits de l'homme, des journalistes et des dissidents risquent l'enlèvement, la détention arbitraire, la torture et même la mort pour défendre leurs droits et libertés et ceux des communautés qu'ils servent ou représentent », a-t-elle dit. Elle a notamment cité « la détention injuste et arbitraire » de la chef de l'opposition au Myanmar, Aung Sang Suu Kyi, et de plus de 2.000 autres prisonniers politiques.

Elle a cité aussi la condamnation à 20 ans de prison du journaliste sri lankais J.S. Tissainayagam, qui avait critiqué le traitement de civils tamouls par l'armée du Sri Lanka, et la détention et le mauvais traitement d'un éminent défenseur des droits de l'homme au Zimbabwe, ainsi que les meurtres récents de défenseurs de droits de l'homme au Mexique et en Russie.

Mme Pillay a également appelé le gouvernement d'Iran à relâcher ceux qui sont détenus pour avoir protesté pacifiquement après les récentes élections et à enquêter sur les informations concernant des mauvais traitements.

Elle a aussi estimé que « les déficits démocratiques » restent un obstacle important à la protection des droits de l'homme et au respect de l'état de droit, notant que « l'ordre constitutionnel avait été ébranlé » dans des pays comme le Honduras et Fidji.

Concernant l'Afghanistan, Navi Pillay a noté que les récentes élections avaient été gâchées par la violence des insurgés, les pressions accrues sur la liberté d'expression et la participation politique, ainsi qu'une « grave » réaction violente contre les droits des femmes.

 

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