REPORTAGE : Les humanitaires de l'ONU saluent la détermination de la population de Gaza

20 août 2009

Le spectacle récent de milliers d'enfants faisant voler des cerfs-volants dans le ciel de Gaza, battant ainsi le record du plus grand lâché de cerfs-volants dans le ciel, est l'un des nombreux plaisirs du travail de Johanne van Dijk, travail humanitaire de l'ONU dans cette région.

Cette manifestation, qui s'inscrit dans le Programme des jeux d'été organisés par l'Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA), était organisée pour la troisième année consécutive et avait pour objectif d'établir le record du plus grand nombre de cerfs-volants dans le ciel simultanément.

Des milliers d'enfants gazaouïs se sont retrouvés pour hisser quelque 4 000 cerfs-volants dans les airs, établissant ainsi le record du plus grand lâchés de cerfs-volants. Voir ces jeunes enfants, qui il y a quelques mois encore vivaient au milieu du conflit, si heureux « m'a touché », a expliqué l'humanitaire Johanne van Dijk, interrogée par le Centre d'actualités de l'ONU, à l'occasion de la Journée internationale de l'aide humanitaire célébrée le 19 août.

Mme van Dijk a rendu hommage à « l'incroyable détermination de la population » de Gaza qui continue, avec cet esprit remarquable et admirable, d'aller de l'avant et d'essayer de fournir une vie décente à ses enfants. « Le sens de l'humour des gens ici a été pour moi un réel exemple », a ajouté Mme van Dijk.

En tant que fonctionnaire de l'UNRWA, l'office mandaté pour assister plus d'un million de réfugiés palestiniens à Gaza et éduquer quelque 200 000 enfants, Mme van Dijk concentre son travail sur les besoins particuliers des enfants et sur le renforcement du niveau de l'éducation dans le cadre d'un programme intitulé 'les Ecoles de l'excellence'. L'initiative lancée en 2006 a cherché à améliorer le niveau d'instruction, qui avait brutalement décliné ces dernières années en raison de l'occupation et de la fermeture des points de passage. L'UNRWA a mis en place des programmes d'été de soutien scolaire, inspirés à la fois par des enseignants et des étudiants.

Selon Mme van Dijk, l'installation de points de passage a affecté significativement la société de Gaza et a contribué à l'augmentation de la pauvreté. La hausse significative du chômage parmi la population a eu des conséquences sur les enfants qui venaient à l'école sans manger. Un programme alimentaire a été mis en place dans les écoles.

« De toute évidence, il y a une nouvelle génération qui grandit aujourd'hui et qui n'a aucun contact avec ses voisins israéliens et inversement », a souligné Mme van Dijk. A l'inverse les générations précédentes, les Gazaouïs avaient des relations de travail et des relations d'amitié avec leurs voisins Israéliens. La fermeture de la bande de Gaza et l'établissement de points de passage a mis fin à tout cela.

« C'est vraiment malheureux d'avoir des gens qui grandissent de chaque côté » de la frontière et qui ont « des préjugés » alors qu'ils ne se connaissent même pas, a souligné l'humanitaire de l'UNRWA. Le travail de Johanne van Djik la conduit aussi bien sur le terrain, que dans les écoles ou dans les camps de réfugiés et elle reconnaît qu'elle est « toujours accueillie très chaleureusement » par ses « collègues et les élèves ».

L'offensive militaire israélienne dans la bande de Gaza contre les combattants du Hamas au début de l'année a tué plus de 1 400 personnes et blessé 5 000 autres, détruisant par la même occasion des maisons, des écoles, des hôpitaux et des marchés.

« C'est l'un des pires moments que j'ai vécu à Gaza ». Mme van Dijk se souvient de l'étendue de la violence, de cette incertitude de ne pas savoir où la prochaine bombe tomberait. Ces violences ont « terriblement, terriblement affecté les enfants ».

A l'annonce du cessez-le-feu, l'UNRWA a rouvert rapidement ses écoles. Pour l'humanitaire, c'était la seule manière que les enfants retrouvent une situation de relative normalité.

A travers des activités comme les camps d'été de l'UNRWA, l'Office cherche à s'assurer que les enfants de Gaza maintiennent une ouverture d'esprit.

Après près de cinq années passées à Gaza, Johanne van Dijk est aujourd'hui enthousiaste à l'idée de nouveau défis. Elle espère retourner bientôt en Europe, afin d'obtenir un diplôme supérieur dans le domaine de la protection des enfants, l'éducation dans les situations d'urgence ou des thèmes similaires. « J'espère que j'ai donné à Gaza ce que je pouvais », en tous les cas « Gaza m'a apporté beaucoup », a dit Mme van Djik.

Travailleur humanitaire à l'UNRWA, Mme van Djik salue le travail de l'Office qui marquera le mois prochain le 60e anniversaire de son existence.

 

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