REPORTAGE : Des survivants se souviennent de l'attaque contre l'ONU à Bagdad

18 août 2009

« Je ne pouvais voir que de la fumée », se souvient Nada Al-Nashif. « Je me souviens juste de chemises blanches et de chemises bleues, et du sang, du sang, du sang », dit-elle, expliquant lors d'un entretien avec le Centre d'actualités de l'ONU que ses lunettes s'étaient envolées et que ses yeux étaient pleins de sang.

Nada était assise avec des collègues autour d'une table au siège des Nations Unies à Bagdad lorsqu'un camion rempli d'explosifs a explosé le 19 août 2003, tuant 22 personnes et en blessant de nombreuses autres. L'incident, connu comme l'attentat contre l'hôtel Canal, qui a pris la vie de nombreux membres du personnel des Nations Unies, y compris le chef de la Mission de l'ONU en Iraq, Sergio Vieira de Mello, est désormais commémoré comme un jour noir dans la mémoire de l'ONU.

L'Assemblée générale a décidé que le 19 août serait la Journée internationale de l'aide humanitaire célébrée pour la première fois mercredi.

Khaled Mansour, un autre survivant, voit encore les empreintes ensanglantées des blessés essayant de s'échapper d'une scène de cauchemar, le tic-tac de la montre au poignet d'un collègue mort dépassant d'un drap sale sur une civière, les voitures fusionnées en d'énormes boules de métal déchiquetées.

Les expériences de Nada et de Khaled – parmi de nombreux autres – ont renforcé la détermination à aider ceux qui en ont besoin dans les environnements les plus hostiles à travers le monde.

Nada, une Jordanienne d'origine palestinienne, était directrice du PNUD en Iraq à l'époque. Son tympan a éclaté et elle a ressenti « une douleur affreuse », plus douloureuse que le reste de ses blessures. Mais elle s'estime doublement chanceuse. Non seulement ses blessures ont été relativement bénignes mais son propre bureau à l'hôtel Canal se trouvait sur une ligne de faille de l'immeuble, et son bureau a été emporté.

« Je suis très chanceuse d'être en vie », dit-elle. « Si j'avais été dans ma chambre, je ne sais pas ce qui se serait produit ». Nada a perdu un doigt et la peau derrière sa tête a été recouverte de bris de verre et de shrapnel. Elle a enduré six opérations de chirurgie plastique en quatre ans, et elle poursuit avec ardeur son travail dans le domaine humanitaire.

« Mon œil a été épargné à un centimètre près. Ca aurait pu être ma main droite, pas ma main gauche. Ca aurait pu être mon cou, au lieu de mon doigt. Donc je me sens éternellement redevable ».

« Le peuple iraquien n'a pas arrêté de payer le prix », regrette Nada qui est maintenant directrice régionale de l'Organisation internationale du Travail (OIT) à Beyrouth, au Liban.

 

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