Afghanistan : L'éducation civique devrait renforcer la participation électorale

14 août 2009

Renforcer la participation électorale est l'un des principaux défis pour le scrutin présidentiel et provincial qui se tiendra en Afghanistan le 20 août. Pour mieux faire connaître les procédures électorales et accroître le nombre d'électeurs, la Commission électorale indépendante, chargée d'organiser les élections, a recruté des stars du sport et des éducateurs en civisme pour organiser des « scrutins » factices dans tout le pays, explique le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD).

Renforcer la participation électorale est l'un des principaux défis pour le scrutin présidentiel et provincial qui se tiendra en Afghanistan le 20 août. Pour mieux faire connaître les procédures électorales et accroître le nombre d'électeurs, la Commission électorale indépendante, chargée d'organiser les élections, a recruté des stars du sport et des éducateurs en civisme pour organiser des « scrutins » factices dans tout le pays, explique le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD).

« C'est le moment pour l'Afghanistan de renforcer non seulement ses institutions électorales mais toutes les institutions gouvernementales, afin d'être mieux à même de fournir les services de base à la population, d'en améliorer la vie et de lui donner accès à la justice », estime Manoj Basnyat, directeur du PNUD en Afghanistan.

Une semaine avant la date du scrutin, des éducateurs continuent de circuler dans les villes et villages du pays, à bord de voitures sur lesquelles ils ont installé un haut-parleur pour exhorter les gens à voter.

Dans tout le pays, la Commission électorale indépendante distribue des exemples de bulletins de vote avec le nom et la photo des candidats, afin de montrer aux électeurs à quoi les vrais bulletins de vote ressembleront le jour du scrutin.

Ce jour-là, il s'agira de mettre en pratique ce qu'ils auront appris lors de séances préparatoires comme celle qui s'est tenue chez Zakia, dans le village de Gurwana (province de Bamiyan), avec environ 25 électrices et trois éducatrices en civisme. En entrant dans la pièce, chaque femme devait faire vérifier sa carte d'électrice et montrer l'index de la main gauche pour prouver qu'elle n'avait pas déjà voté. Le doigt était ensuite encré et deux bulletins de vote factices étaient dûment cachetés avant de lui être remis. À présent, les femmes comme Zakia connaissent la procédure : l'étape suivante est de se glisser derrière un rideau et de remplir le bulletin en secret.

« C'est nous qui allons décider pour qui voter, et non nos maris, affirme Zakia. Nous participons aux élections dans l'espoir que notre vie et celle de nos enfants va changer. »

Dans les paysages accidentés d'Afghanistan, il faut souvent emprunter des hélicoptères pour faire parvenir à temps le matériel électoral dans des provinces aussi reculées que celle de Bamiyan ou de Daikundi, qui la jouxte au sud-ouest. Par camion, cela prendrait cinq à six jours.

D'autres éducateurs en civisme collaborent avec des mollahs pour les sensibiliser et améliorer leurs connaissances, afin qu'ils comprennent le rôle important que jouent les chefs religieux pour inciter les gens à aller voter.

« Dans ma province, les gens sont inquiets pour leur sécurité, mais je leur dirai d'aller voter parce que dans le Coran, il est dit qu'il faut se consulter les uns les autres pour prendre la bonne décision », explique Khyial Ahmad, un mollah de la province de Lagar qui participe à l'une de ces formations.

Des idoles de la jeunesse, comme Rohullah Nikpa, médaillé de bronze en taekwondo aux jeux olympiques, poussent aussi les jeunes à aller voter dans des spots publicitaires réalisés par la Commission électorale.

Alors que les élections précédentes, en 2005, avaient été supervisées par la communauté internationale, cette fois-ci, ce sont les Afghans qui ont pris tout le processus électoral en main.

« Certains peuvent avoir peur de voter, mais l'éducation électorale organisée par la Commission électorale indépendante a été importante, dit Massoud Amer, un membre du personnel du PNUD de nationalité afghane. Au moins, les gens savent à présent combien leur vote est important. Et si nous voulons que nos enfants cessent de vivre dans la peur et aient un avenir prospère, nous devons aller voter. »

La Commission électorale a été la figure de proue de ces élections et dans le cadre du projet ELECT (acronyme anglais pour Améliorer les capacités juridiques et électorales pour demain), le PNUD coordonne l'appui au processus électoral des partenaires de l'ONU et de la communauté internationale. Le PNUD fournit également une aide technique dans des domaines aussi divers que l'inscription sur les listes électorales, l'éducation civique et la surveillance des médias.

 

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