Au Tadjikistan, l'argent envoyé de Russie s'est tari à cause de la crise

31 juillet 2009
Une petite fille tadjike bénéficie de l'aide du Programme alimentaire mondial.

Dans la vallée du Rasht, au Tadjikistan, la crise économique mondiale frappe les agriculteurs et leurs familles, alors que l'argent envoyé par ceux qui sont partis travailler en Russie s'est tari, raconte le Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF).

Dans la vallée du Rasht, au Tadjikistan, la crise économique mondiale frappe les agriculteurs et leurs familles, alors que l'argent envoyé par ceux qui sont partis travailler en Russie s'est tari, raconte le Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF).

On estime que près de 95% des revenus de cette région isolée, à des heures de route de la capitale Douchanbé, proviennent de ces transferts de fonds de Russie, où des centaines de milliers de Tadjiks travaillent dans le secteur de la construction. Ce flux s'est pratiquement arrêté, car la Russie, comme le reste du monde, souffre de la crise financière.

Beaucoup de parents, qui se retrouvent plus pauvres que jamais, ont été obligés de retirer leurs enfants de l'école pour arriver à joindre les deux bouts. « Mon mari travaille en Russie comme soudeur depuis un an, raconte une mère, Lola Khayrieva. Et cela fait deux fois qu'il ne nous envoie que 100 dollars. Il n'envoie pas plus parce qu'il dit qu'il y a une crise financière en Russie. »

Par conséquent, Mme Khayrieva envoie à présent sa fille aînée au pré pour faire paître la vache de la famille, alors qu'elle préférerait qu'elle aille à l'école.

« Je veux que mes enfants soient en bonne santé plus tard, qu'ils aient une éducation et qu'ils trouvent un bon emploi et fassent carrière. Je veux qu'ils soient satisfaits de leur vie », explique-t-elle.

Personne ne sait vraiment à quel point les transferts de fonds ont diminué dans la vallée du Rasht. Mais les chiffres pour l'ensemble du Tadjikistan indiquent une possible réduction de 30%. Dans la vallée, c'est sans doute beaucoup plus.

La directrice du bureau de l'UNICEF à Douchanbé, Hongwei Gao, s'inquiète beaucoup pour les habitants de la vallée. « Nous aimerions renforcer notre soutien aux enfants, dit-elle. Nous aimerions en aider plus, surtout dans la vallée du Rasht, car c'est une région qui dépend beaucoup des envois de fonds », dit-elle.

Le Rasht est très montagneux, il pleut beaucoup et puis en hiver il y a de la neige, qui emporte tous les minéraux comme le fer et l'iode. Aussi, les habitants ont un régime faible en oligoéléments indispensables à un développement physique et mental sain et souffrent de taux catastrophiquement élevés d'afflictions comme l'anémie ou le goitre.

L'UNICEF intervient en appuyant un programme qui vise à réduire l'incidence des goitres chez les habitants de la vallée. Armé d'une petite trousse fournie par l'UNICEF, un médecin local enseigne aux femmes comment tester le sel qu'elles achètent au marché pour en connaître le contenu en iode. Le goitre est provoqué par une carence de ce micronutriment.

 

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