La détérioration de la situation au Sud-Soudan menace la stabilité du pays – Ban

16 juillet 2009

La détérioration de la situation en matière de sécurité au Sud-Soudan avec l'escalade de la violence intertribale menace la stabilité de l'ensemble du pays, estime le Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, dans un rapport publié jeudi.

« Des étapes clefs de l'Accord de paix global (qui a mis fin à la guerre civile entre le Nord et le Sud du Soudan), telles que les élections et les référendums, pourraient facilement pâtir du développement de l'insécurité », ajoute M. Ban dans ce rapport remis au Conseil de sécurité.

Le Secrétaire général souligne que la Mission des Nations Unies au Soudan (UNMIS) travaille avec le gouvernement du Sud-Soudan afin de mettre l'accent sur l'importance d'une approche globale de la sécurité des communautés, qui renforcera la confiance de la population à l'égard de leur gouvernement. « Toutefois, la capacité limitée des institutions publiques pour ce qui est de gérer les conflits locaux et de faciliter des processus constructifs de paix et de réconciliation reste gravement préoccupante », écrit-il.

Selon lui, en dépit d'incidents répétés, qui ont provoqué un nombre significatif de pertes en vies humaines et créé une insécurité permanente, aucune mesure visible n'a été prise pour renforcer les capacités des autorités locales et des organes de sécurité à dissuader les conflits intercommunaux.

Il constate avec préoccupation que la préparation des élections a toujours un retard très important sur le calendrier prévu et il exhorte les parties à prendre les mesures nécessaires pour résoudre les questions en suspens, y compris concernant l'utilisation des résultats du recensement, afin de pouvoir progresser. « Des élections pacifiques, transparentes et crédibles sont essentielles au processus de transformation démocratique dans tout le Soudan, mais ne seront possibles que si toutes les parties prenantes soudanaises, y compris au Darfour, travaillent ensemble pour créer des conditions politiques favorables », dit-il.

M. Ban juge aussi préoccupants les retards dans les préparatifs des référendums de 2011, et le fait que la loi relative aux référendums ait maintenant deux ans de retard. « Il est urgent de mettre en place un cadre institutionnel et juridique qui fonctionne de façon satisfaisante afin de disposer de suffisamment de temps pour appliquer de manière pacifique les résultats des référendums », dit-il.

Selon lui, la démarcation de la frontière du 1er janvier 1956 entre le Nord et le Sud est une autre disposition clef de l'Accord de paix global qui doit être traitée immédiatement. Les incertitudes en la matière ont des conséquences sur les préparatifs des référendums, étant donné que la frontière définira sur un plan géographique le Sud-Soudan et la limite sud de la région d'Abyei, ajoute-t-il. Il encourage les parties à en terminer le tracé et à entreprendre ensuite le processus de démarcation, en particulier dans les zones contestées.

Ban Ki-moon juge enfin encourageant le rythme des activités de démobilisation des ex-combattants et espère qu'il pourra servir d'exemple et susciter des progrès dans d'autres domaines concernés par l'Accord de paix global. Il se dit toutefois préoccupé par l'insuffisance des ressources disponibles pour la réintégration à plus long terme et demande à la communauté internationale de financer en temps voulu et durablement cet aspect essentiel du programme de désarmement, de démobilisation et de réintégration.

 

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