Iraq : Intervention d'urgence nécessaire sur le site archéologique de Babylone - UNESCO

9 juillet 2009

Il faut intervenir d'urgence pour réparer les dégâts dus principalement à la négligence et au manque d'entretien sur le site archéologique de Babylone en Iraq, selon un rapport de l'Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO) présenté jeudi à Paris.

Il faut intervenir d'urgence pour réparer les dégâts dus principalement à la négligence et au manque d'entretien sur le site archéologique de Babylone en Iraq, selon un rapport de l'Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO) présenté jeudi à Paris.

Le document, intitulé « Rapport final de l'UNESCO sur l'évaluation des dégâts à Babylone », juge toutefois « encourageant » le fait qu'il n'existe « aucun signe de dégâts causés de manière intentionnelle ou accidentelle au site de Babylone depuis décembre 2004. « Aujourd'hui, les problèmes majeurs sont dus à la négligence et au manque d'entretien. Tous les édifices restaurés de Babylone sont en mauvais état, en particulier les temples de Ninmah, de Nabû ?a hare et d'Ishtar, les maisons babyloniennes et le palais sud de Nabuchodonosor, autant de bâtiments sur lesquels il faut intervenir d'urgence », conclut ce rapport élaboré par le sous-comité sur Babylone du Comité international de coordination pour la sauvegarde du patrimoine culturel de l'Iraq de l'UNESCO (ICC-Iraq).

Babylone, qui se trouve à 90 km au sud de Bagdad, a été la capitale de deux célèbres rois de l'Antiquité : Hammourabi (1792-1750 av. J.-C.), à l'origine d'un des premiers codes de lois de l'Histoire, et Nabuchodonosor (604-562 av. J.-C.), qui a fait construire les jardins suspendus de Babylone, une des sept merveilles du monde. La ville intérieure couvre 2,99 km2 tandis que les murs extérieurs, qui encerclent la ville à l'est et à l'ouest de l'Euphrate, englobent une superficie de 9,56 km2. Classée site archéologique dès 1935, Babylone a fait l'objet de fouilles partielles au cours du siècle dernier, mais il reste encore beaucoup à découvrir de cette cité antique.

Le rapport de l'UNESCO rappelle que les autorités iraquiennes ont mené un ambitieux projet de restauration archéologique entre 1978 et 1987, dans le cadre duquel des bâtiments antiques ont été reconstruits et des équipements modernes introduits. Des travaux d'aménagement majeurs ont également été entrepris, « au grand détriment du site », notamment pour permettre la construction d'un nouveau palais pour Saddam Hussein.

La ville archéologique a par la suite été pillée lors de la guerre en 2003 : des objets appartenant aux musées de Nabuchodonosor et d'Hammourabi ainsi qu'à la bibliothèque et aux archives de Babylone ont été dérobés et détruits. Le site a servi de base aux forces de la coalition entre 2003 et 2004. Dans un rapport publié en 2005, le British Museum comparait cette intrusion à « l'établissement d'un camp militaire autour de la grande pyramide en Egypte ou du site de Stonehenge en Grande-Bretagne ». Le rapport de l'UNESCO précise que la ville archéologique a subi d'importants dégâts dus à des travaux de creusement, percement, arasement et nivelage. Parmi les principales structures endommagées « figurent la porte d'Ishtar et le chemin de procession ». Depuis, Babylone a été restituée au Conseil des antiquités et du patrimoine iraquien (SBAH).

« Compte tenu de la valeur historique et archéologique de Babylone, les récentes allégations de dégâts causés lors de l'utilisation militaire du site revêtaient un caractère particulièrement grave », explique Mohamed Djelid, directeur du Bureau de l'UNESCO pour l'Iraq. « Ce rapport a une importance capitale car il établit une description des dégâts qui fait l'objet d'un accord international. Sans montrer personne du doigt, nous disposons désormais d'une vision claire de la situation qui va nous servir de point de départ pour relever les défis majeurs de la restauration et la conservation. »

Le rapport recommande que les dispositions des lois iraquiennes de l'Antiquité soient respectées sur le site de Babylone. Le SBAH doit examiner les implications archéologiques pour les zones concernées par les détériorations et en faire un rapport. Sur la base de ces résultats, il doit élaborer et mettre en œuvre un plan de gestion et de conservation du site en étroite coopération avec le sous-comité ICC de l'UNESCO sur Babylone. Le SBAH doit réaliser des interventions d'urgence, notamment la rénovation des temples de Ninmah, de Nabû ?a hare, d'Ishtar et du mur de la ville intérieure, et établir des rapports sur ces interventions. Le SBAH doit envisager la réouverture partielle du site. Enfin, toutes ces mesures doivent être prises en vue de l'inscription de Babylone sur la Liste du patrimoine mondial de l'UNESCO, juge le rapport.

 

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