OMS : Nouveau médicament contre la cécité des rivières

1 juillet 2009

L'essai clinique d'un nouveau médicament qui pourrait permettre d'éliminer l'onchocercose, ou cécité des rivières, l'une des principales causes infectieuses de cécité en Afrique, débute actuellement dans trois pays africains, annonce mercredi l'Organisation mondiale de la santé (OMS).

L'essai clinique d'un nouveau médicament qui pourrait permettre d'éliminer l'onchocercose, ou cécité des rivières, l'une des principales causes infectieuses de cécité en Afrique, débute actuellement dans trois pays africains, annonce mercredi l'Organisation mondiale de la santé (OMS).

Ce médicament, la moxidectine, est actuellement étudié car il serait capable de tuer ou de stériliser les vers adultes d'Onchocerca volvulus, responsable de l'onchocercose, selon un communiqué.

«Cette maladie est un véritable fléau qui frappe trente pays africains depuis des siècles, et en particulier les populations des régions isolées, éloignées de tout», a déclaré le Dr Uche Amazigo, directeur du Programme africain de lutte contre l'onchocercose (APOC). «Plus de 100 millions de personnes sont exposées à l'infection en Afrique et dans quelques petites zones des Amériques et du Yémen.»

L'onchocercose est aussi appelée cécité des rivières parce que la simulie qui transmet la maladie se reproduit dans les rivières à fort courant et que la cécité est le symptôme le plus invalidant de la maladie, qui entraîne également des symptômes cutanés débilitants.

La mise au point de la moxidectine contre l'onchocercose se fait dans le cadre d'une collaboration entre le Programme spécial de recherche et de formation concernant les maladies tropicales (OMS/TDR), dont l'Organisation mondiale de la Santé est chargée de l'exécution, et les laboratoires pharmaceutiques américains Wyeth Pharmaceuticals.

L'essai va dérouler sur deux ans et demi. Actuellement, on emploie l'ivermectine pour lutter contre la maladie et le laboratoire pharmaceutique Merck & Co., Inc. fait don de ce médicament depuis plus de vingt ans aux pays d'endémie de l'onchocercose.

Les traitements à l'ivermectine ont permis de faire progresser sensiblement la lutte et plus de 60 millions d'Africains en bénéficient chaque année. Toutefois, l'ivermectine tue les larves d'O. volvulus mais pas les vers adultes, aussi des traitements annuels sur une longue durée (au moins 11 à 14 ans) sont-ils nécessaires pour parvenir à maîtriser la maladie.

Si la moxidectine non seulement tue les larves mais stérilise ou tue également les vers adultes, elle offrira la possibilité d'interrompre le cycle de transmission de la maladie en environ six cycles annuels de traitement. Le médicament pourrait être distribué dans le cadre de mécanismes sous directives communautaires mis en place en collaboration entre l'APOC, les programmes de lutte africains et les ONG chargées de la distribution de l'ivermectine.

 

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