Des réfugiés iraquiens en Syrie sortent un album en ligne avec l'aide du HCR

12 juin 2009
Des réfugiés iraquiens devant un centre de distribution du PAM à Damas.

Avec l'aide du Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (UNHCR), un trio de musiciens iraquiens réfugiés en Syrie a sorti son premier album sur l'un des sites de partage de musiques les plus en vogue dans le monde. Ils ont décidé ensemble que les bénéfices serviront à aider financièrement leurs compatriotes coincés en exil.

Avec l'aide du Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (UNHCR), un trio de musiciens iraquiens réfugiés en Syrie a sorti son premier album sur l'un des sites de partage de musiques les plus en vogue dans le monde. Ils ont décidé ensemble que les bénéfices serviront à aider financièrement leurs compatriotes coincés en exil.

« Transitions » comprend 15 morceaux composés par Salim Salem, Abdel Mounem Ahmad et Fadi Fares Aziz, qui ont été mis en ligne depuis jeudi sur iTunes, Napster, Amazon, Amie Street, IMVU, lala, ShockHound, Rhapsody et emusic, précise le HCR dans un communiqué.

Les trois compositeurs ont utilisé leurs expériences communes de vie de réfugiés, leurs transitions et l'incertitude liée à l'exil comme source d'inspiration pour leur musique captivante et apaisante – un mélange d'ancien et de moderne qui souligne la richesse et la diversité du répertoire musical iraquien. Salim joue du oud (lute), Abdel du ney (flûte de pan) et Fadi du ganun, une sorte de zipher.

Ils se sont rencontrés à Damas après avoir fui la violence en Iraq. Les trois hommes parlaient souvent d'enregistrer de la musique iraquienne pour une audience internationale. « Quand je suis arrivé en Syrie, mon oud était mon seul bagage en tant que réfugié. J'avais quitté mon pays mais ma musique ne parlait que de lui », se rappelle Salim.

Son rêve d'enregistrer de la musique avec Abdel Mounem et Fadi est devenu réalité quand le bureau du HCR à Damas s'en est mêlé dans le cadre de sa campagne « Exprimez-vous » lancée en 2007 pour offrir aux réfugiés iraquiens talentueux en Syrie une plateforme pour s'exprimer de manière artistique.

Le bureau du HCR à Damas a contacté iTunes le mois dernier et leur a demandé de commercialiser la musique. Ils ont orienté l'organisation vers TuneCore, une entreprise de distribution de musique basée aux Etats-Unis. TuneCore a alors envoyé la musique à tous ses partenaires – y compris iTunes – pour qu'ils la mettent en vente. L'album a été enregistré à Damas.

Philippe Leclerc, représentant du HCR par intérim en Syrie, a salué la sortie de l'album. « Le talent iraquien est vivant. Nous devons continuer à le soutenir et à aider les réfugiés iraquiens qui vivent en exil », a-t-il déclaré. « La société iraquienne est confrontée à d'importants défis aujourd'hui et nous espérons que cette musique permettra à des personnes dans le monde entier de se sentir plus proches de la culture iraquienne et de soutenir les réfugiés iraquiens ».

Salim, Abdel Mounem et Fadi se sont tous trois mis d'accord pour donner les bénéfices à un programme d'aide financière géré par le HCR qui fournit de quoi vivre à quelque 12.000 familles réfugiées iraquiennes dans l'incapacité de travailler légalement en Syrie ou manquant d'économies. Chaque morceau téléchargé rapportera 60 cents américains au programme.

« Cette solidarité aura une signification importante, non seulement pour les réfugiés mais aussi pour les travailleurs humanitaires qui soutiennent cette opération », a déclaré Sybella Wilkes, responsable de l'information publique au HCR à Damas.

En attendant, « Transitions » pourrait être le seul album enregistré par les trois hommes. Alors que Salim reste à Damas en tant que réfugié, Fadi a été récemment réinstallé aux Etats-Unis avec l'aide du HCR. Abdel Mounem est rentré à Bagdad, autrefois capitale de la musique du monde arabe, bien qu'il se soit produit avec Salim lors d'un concert spécial pour la Journée mondiale du réfugié mercredi dernier à Damas.

« Je suis retourné en Iraq, déterminé à construire mon avenir ici », a affirmé Abdel. « Je fais partie d'une résistance qui encourage la passion pour la musique et pour la paix. La culture et l'art font toujours partie de l'identité iraquienne. Une civilisation aussi enracinée, vivace et ancienne ne peut pas être effacée en quelques années ».

Salim n'est pas prêt à rentrer mais il estime que les choses s'améliorent en Iraq. « Au cours de l'année dernière, j'ai vu la musique s'épanouir à nouveau en Iraq », a déclaré le joueur de oud. « Nous souhaiterions dédier cet album à tous les Iraquiens du monde, à toutes les personnes qui ont rendu ce projet possible et à tous les auditeurs sensibles à la musique orientale », a t-il ajouté.

 

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