Luis Moreno-Ocampo : 'Omar Al-Bachir doit être remis à la Cour'

10 juin 2009

Le Président soudanais Omar Al-Bachir, qui fait l'objet d'un mandat d'arrêt émis par la Cour pénale internationale (CPI) qui l'accuse de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité, « doit être remis à la Cour », estime le Procureur Luis Moreno-Ocampo, dans un entretien au Centre d'actualités de l'ONU.

Le Président soudanais Omar Al-Bachir, qui fait l'objet d'un mandat d'arrêt émis par la Cour pénale internationale (CPI) qui l'accuse de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité, « doit être remis à la Cour », estime le Procureur Luis Moreno-Ocampo, dans un entretien au Centre d'actualités de l'ONU.

« La meilleure solution serait que le gouvernement du Soudan lui-même applique la loi. Bien sûr, si Al-Bachir se rend dans un pays membre du Traité de Rome, il sera arrêté. Mais en attendant il est important que la communauté internationale envoie un message fort qu'un chef d'Etat ne peut pas commettre des crimes contre ses propres citoyens et qu'il faut l'arrêter. Omar Al-Bachir doit être remis à la Cour », affirme-t-il.

Luis Moreno-Ocampo a pris ses fonctions de Procureur de la CPI à La Haye il y a six ans. Il s'est distingué dans son pays d'origine, l'Argentine, en 1985 alors qu'il était procureur adjoint aux procès des militaires accusés d'être responsables des sept années de « guerre sale » (1976-1983) au cours desquelles des milliers de civils, considérés comme des dissidents, ont disparu.

En tant que Procureur de la CPI, M. Moreno-Ocampo a ouvert des enquêtes pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité concernant l'Ouganda, la République démocratique du Congo (RDC), la République centrafricaine, et le Darfour (Soudan). Les juges de la CPI ont émis des mandats d'arrêt contre 13 personnes, dont le Président soudanais Omar Al-Bachir, et quatre sont actuellement en détention.

Face aux accusations de « deux poids deux mesures » selon lesquelles la Cour n'enquête que sur des dirigeants africains alors que d'autres acteurs importants en Occident et ailleurs restent en liberté, M. Moreno-Ocampo affirme qu'il s'agit de « propagande ». « Je ne peux pas travailler en Iraq parce que ce n'est pas un Etat partie [au Traité de Rome]. Je ne peux pas enquêter aux Etats-Unis parce que les Etats-Unis ne sont pas un Etat partie. J'applique scrupuleusement une norme, la loi. Et la loi dit que j'ai besoin qu'un Etat ait signé le traité pour l'appliquer à ce pays. Donc je peux travailler en République démocratique du Congo parce que le président du Congo me l'a demandé. Je peux travailler en Ouganda et en République centrafricaine parce que dans les deux cas les présidents ont signé le traité et me l'ont demandé. C'est pourquoi je travaille avec eux. »

« Sinon, le Conseil de sécurité peut référer une affaire comme il l'a fait au Darfour. Mais je ne peux pas simplement me saisir d'un pays qui n'est pas partie. Je ne peux pas faire cela », ajoute-t-il.

Lorsque M. Moreno-Ocampo est entré en fonctions il y avait 80 Etats parties au Statut de Rome et maintenant il y en a 108, rappelle-t-il, « y compris des pays comme le Japon qui ont suivi de près ce que nous faisions et qui se sont ralliés à la Cour. » « L'accession du Japon est très importante, pas seulement à cause de la taille du Japon mais aussi parce qu'ils ont estimé que la Cour pourrait aider à éviter que ce qu'ils ont souffert à Hiroshima et Nagasaki ne se répète », dit-il.

« Cela prendra 20 ou 30 ans mais je pense que dans un avenir proche tous les Etats seront parties à la Cour », ajoute-t-il.

 

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