Les femmes casques bleus jouent un rôle exemplaire

29 mai 2009

Si elles font le même travail que leurs collègues hommes, les femmes casques bleus sont en minorité dans les missions mais elles considèrent qu'elles ont sans aucun doute un rôle d'exemple pour les femmes avec qui elles entrent en contact sur le terrain.

En montrant à ces femmes et ces filles qu'elles sont aptes à tout – dans le domaine de la politique, de la sécurité, du maintien de l'ordre, de la médecine, du journalisme, les Casques bleus de sexe féminin peuvent servir de modèle dans le milieu local, et leur exemple est une inspiration pour les femmes et les filles vivant dans les sociétés à domination souvent masculine où elles servent, souligne l'ONU dans sa page consacrée à la Journée internationale des Casque bleus qui est célébrée vendredi.

Des terres arides du Darfour aux plages d'Haïti ou aux montagnes de la République démocratique du Congo, plus de 110.000 hommes et femmes – militaires, policiers ou civils – servent dans 16 opérations de maintien de la paix à travers le monde.

« Dans les villes, il y a des femmes qui conduisent des véhicules, qui sont éduquées. Mais dans les petits villages, le fait de voir une femme professionnelle est vu de façon très positive. Cela peut donner un exemple : les femmes peuvent conduire un véhicule, aller à l'école, travailler dans un bureau. Cela peut renforcer la prise de conscience des possibilités qui peuvent être offertes aux femmes », a confié Serena Tiberia, de nationalité italienne et officier des droits de l'homme à la Mission de l'Organisation des Nations Unies en République démocratique du Congo (MONUC), au micro de la radio de l'ONU.

Spécifiquement, « le rôle traditionnel d'une femme est d'être à côté de sa famille. Donc pour une femme il faut être beaucoup plus courageux qu'un homme », estime pour sa part Bokani Hart, née au Zimbabwe d'un père zimbabwéen et d'une mère botswanaise et qui est en RDC depuis quatre ans et demie.

Bokani Hart a été réfugiée pendant les 15 premières années de sa vie. « Et c'est pour cela que je fais ce travail, lié aux conflits, à la paix, à la réconciliation, aux réfugiés et aux déplacés », affirme-t-elle.

Les femmes ont prouvé dans tous ces domaines qu'elles peuvent remplir les mêmes rôles que leurs homologues masculins, selon les mêmes normes et dans des conditions aussi difficiles. Dans de nombreux cas, elles sont mieux placées pour accomplir certaines tâches de maintien de la paix, comme interviewer les victimes de violences sexuelles et sexistes, travailler dans les prisons de femmes, aider les ex-combattantes pendant le processus de démobilisation et de réinsertion dans la vie civile et suivre les recrues féminines des écoles de police.

« C'est bien sûr un avantage d'être une femme. Je me sens très fière lorsque je rencontre un problème lié aux femmes et que j'aboutis », affirme de son côté Keita Mabinti, officier de police de nationalité guinéenne (UNPOL), qui travaille à Bukavu à la protection des droits des enfants et des violences à l'égard des femmes et des jeunes filles.

« Quand une femme est proche d'une femme, elle se confie », estime-t-elle. « Je crois que lorsqu'il s'agit des victimes de violences sexuelles, c'est plus facile. Mais si une personne est capable de donner confiance à la victime elle sera disposée à parler de ce qu'elle a vécu ».

De façon unanime, Serena Tibéria, Bokani Hart et Keita Mabinti regrettent l'absence de parité hommes-femmes dans les missions des Nations Unies.

Pour ce qui est des civils, la proportion de femmes recrutées, engagées et déployées par le Secrétariat pour les opérations de maintien de la paix est de 30%. La parité entre les sexes n'est donc plus hors de portée. Mais les progrès ont été beaucoup plus lents pour les éléments en uniforme des opérations de maintien de la paix qui sont fournis par les États Membres et qui comprennent actuellement moins de 3% de femmes, dont 8% des 10.000 agents de police et 2% des 80.000 membres du personnel militaire.

« Les femmes sont un peu objet de ségrégation, puisqu'il y a deux ou trois femmes pour vingt personnes. Il faudrait au moins l'égalité », plaide Keita Mabinti, encourageant « ses sœurs les femmes à se présenter si elles en ont les moyens ». A Bukavu, il y a 26 officiers de police dont 6 femmes, rapporte-t-elle.

« Je pense que les Nations Unies ont une marge de manœuvre pour améliorer la position de la femme au sein des missions de maintien de la paix », affirme de son côté Bokani Hart. « Surtout en améliorant le temps passé avec nos familles ».

Serena Tiberia évoque une pression du fait que « l'équilibre des sexes n'est pas du tout respecté. « Dans le contexte spécifique du Congo ce n'est pas spécialement un avantage. Les gens sont plutôt habitués à traiter avec des hommes », estime-t-elle.

« Je pense que les Nations Unies devraient prendre des mesures pour accroître la présence des femmes, surtout lors des missions de consolidation de la paix, parmi le personnel civil et militaire », ajoute-t-elle.

 

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