Le Roy : Les opérations de maintien de la paix doivent disposer des équipements nécessaires

21 mai 2009
Le Secrétaire général adjoint aux opérations de maintien de la paix, Alain Le Roy.

Il est très important que les opérations de maintien de la paix des Nations Unies disposent des équipements leur permettant de jouer un rôle dissuasif et de contribuer au processus politique, a rappelé mercredi Secrétaire général adjoint aux opérations de maintien de la paix, Alain Le Roy.

Lorsque les Européens fournissent des contingents à une mission de l'ONU, comme par exemple la Force intérimaire des Nations Unies au Liban (FINUL), « le niveau d'équipement est très élevé et les moyens existent », et la Mission peut être « pleinement dissuasive », a-t-il ajouté, lors d'une conférence de presse au siège des Nations Unies à New York.

Le chef du Département des opérations de maintien de la paix, qui s'est rendu récemment au Moyen-Orient, s'est dit « impressionné par le travail accompli par la FINUL ». Grâce à elle, l'armée libanaise a pu revenir au sud du fleuve Litani et aucun soldat n'a été tué ou blessé le long de la frontière avec Israël depuis 2006.

Il a en outre jugé « excellente » la coopération entre la FINUL et l'armée libanaise. Tant les dirigeants libanais qu'israéliens sont très satisfaits de la présence de la FINUL, de même que les populations locales, a ajouté M. Le Roy, qui a estimé que la FINUL avait sans doute joué un rôle dissuasif lors du récent conflit dans la bande de Gaza en prévenant l'ouverture d'un second front.

Le Secrétaire général adjoint a également rendu hommage à la Force des Nations Unies chargée d'observer le dégagement (FNUOD), « une très vieille mission » datant de 1974, qui « a pu empêcher toute escalade » sur le plateau du Golan. Il a rappelé que la Syrie et Israël étaient satisfaits de cette « opération de maintien de la paix traditionnelle ».

En Afrique, a-t-il cependant fait observer, deux ou trois pays occidentaux seulement fournissent des contingents aux opérations de maintien de la paix. Ce « n'est pas assez », a-t-il dit, car cela ne permet pas d'assurer les équipements nécessaires pour les contingents.

C'est précisément pour évaluer les principales difficultés auxquelles sont confrontées ces opérations et souligner les avantages comparatifs par rapport à d'autres types de missions que le Département des opérations de maintien de la paix mène actuellement une étude, a indiqué M. Le Roy. Cette étude devrait permettre de déterminer « dans quelles circonstances ces opérations constituent ou non un bon instrument, ou dans quelles situations, il est nécessaire d'établir des partenariats avec d'autres organisations comme l'Union africaine ou l'Union européenne. Le Secrétariat devrait, d'ici à la fin juin, publier un document non officiel sur la base de cette étude pour en discuter avec les États Membres, a ajouté M. Le Roy, qui a souhaité obtenir ensuite des recommandations de la part du Conseil de sécurité et de l'Assemblée générale « avant la fin de l'année ».

M. Le Roy a par ailleurs reconnu la très forte augmentation du budget des opérations de maintien de la paix, qui représente environ 7,6 milliards de dollars pour l'exercice budgétaire 2008-2009. Tout en rappelant que ce n'est pas le Secrétariat mais le Conseil de sécurité qui décide de ces opérations, il a estimé que, « même sans la crise financière » actuelle, il serait difficile de maintenir ce niveau de dépenses.

« Nous devons donc chercher, pour chacune des missions, comment assurer une meilleure efficacité en en limitant les coûts, a-t-il poursuivi, tout en rappelant que ces missions étaient moins onéreuses que des opérations bilatérales. Il a cité une étude américaine montrant que, si les États-Unis devaient faire eux-mêmes ce que les Nations Unies font en Haïti avec leur mission de stabilisation, le coût de leur opération serait de trois à huit fois plus élevé que celui de la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti (MINUSTAH).

 

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