Le nombre des déplacés internes dans le monde reste stable à 26 millions

5 mai 2009

Le nombre des personnes vivant dans d'autres régions de leur pays d'origine après avoir fui le conflit, la violence généralisée et des violations des droits humains, est de 26 millions et est resté stable en 2008, sans changement par rapport à 2007, selon un rapport du Conseil norvégien pour les réfugiés (NRC).

Ce chiffre inclut 4,6 millions de personnes nouvellement déplacées en 2008 – soit une augmentation de 900.000 par rapport à 2007 – et un nombre équivalent de retours, d'après ce rapport publié par l'Observatoire des situations de déplacements internes (IDMC) – une organisation créée par le Conseil norvégien pour les réfugiés et basée à Genève, explique le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (UNHCR).

« Dans le contexte de la prévention de conflit, le déplacement forcé – ainsi que la protection des personnes déplacées internes – reste un défi majeur », a indiqué le Haut Commissaire pour les réfugiés Antonio Guterres.

Le rapport a indiqué que le plus grand nombre de personnes nouvellement déplacées se trouvaient aux Philippines, où 600.000 personnes ont fui le conflit entre le gouvernement et des groupes armés dans la région au sud de Mindanao. Des déplacements à grande échelle comptant 200.000 personnes ou plus sont survenus dans neuf autres pays : au Soudan, au Kenya, en République démocratique du Congo, en Iraq, au Pakistan, en Somalie, en Colombie, au Sri Lanka et en Inde.

L'Asie du Sud et du Sud-Est sont les régions qui ont subi les changements les plus importants dans le nombre des déplacés l'année dernière, avec une augmentation de 13% depuis la fin 2007. Selon le rapport, l'Afrique était le continent le plus affecté, avec 11,6 millions de déplacés dans 19 pays, bien que ce chiffre ait baissé de 9% en 2007.

Les pays ayant le nombre le plus important de déplacés internes étaient le Soudan (4,9 millions), la Colombie (près de 4,3 millions) et l'Iraq (2,8 millions).

Selon le rapport, les déplacés en 2008 étaient « exposés à un large éventail de discriminations et de violations des droits humains suite à des politiques délibérées ou à un manque d'intérêt ». Dans 26 pays sur les 52 étudiés, les déplacés continuent à être confrontés à des attaques et à des violences après le déplacement. Le rapport a par ailleurs souligné les dangers menaçant les enfants, les femmes, les personnes âgées et les minorités ethniques.

D'après António Guterres, « le rétrécissement de l'espace humanitaire » constitue l'un des nombreux défis auxquels le monde est confronté dans sa tentative d'apporter de l'aide aux populations déplacées internes. L'impact de la crise mondiale financière ne doit pas permettre aux situations déjà négligées d'empirer, a-t-il plaidé, soulignant que les budgets de nombreuses agences humanitaires se réduisent, alors que s'accroissent les problèmes des personnes les plus vulnérables dans le monde.

 

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