Négociations à Genève sur les polluants organiques persistants

5 mai 2009

Ministres et fonctionnaires de 150 gouvernements sont réunis cette semaine à Genève pour faire progresser les efforts mondiaux visant à débarrasser le monde de quelques-unes des plus dangereuses substances chimiques produites par l'humanité.

Selon le Programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE), la conférence marque un nouveau chapitre dans l'histoire de la Convention de Stockholm sur les polluants organiques persistants. Pour la première fois, neuf nouveaux produits chimiques seront proposés pour être ajoutés à la liste déjà existante dans le cadre de la Convention. Ces substances recommandées pour inclusion sont utilisées comme pesticides, retardateurs de flamme et pour d'autres utilisations commerciales.

Ces substances sont : l'alpha-hexachlorocyclohexane, le bêta-hexachlorocyclohexane; l'hexabromodiphényléther et l'heptabromodiphényléther; le tétrabromodiphényléther et le pentabromodiphényléther; le chlordécone; l'hexabromobiphényle; le lindane; le pentachlorobenzène; l'acide perfluorooctane sulfonique, ses sels et le fluorure de perfluorooctane sulfonique.

Jusqu'à présent, la Convention de Stockholm sur les polluants organiques persistants (POPs) a ciblé la « sale douzaine » : douze pesticides et produits chimiques industriels dangereux ayant des effets négatifs sur la santé humaine pouvant aller de la détérioration des systèmes immunitaires et nerveux, au cancer, problèmes reproductifs et aux perturbations du développement infantile.

D'après Achim Steiner, le Secrétaire général adjoint des Nations Unies et le directeur exécutif du PNUE, « les risques posés par ces produits chimiques sont élevés et ces substances toxiques laissent des empreintes chimiques à travers le monde. Les agriculteurs, les femmes enceintes, les jeunes, les générations à venir et certaines communautés isolées comme celles de l'Arctique sont particulièrement vulnérables ».

« Cette semaine à Genève, les gouvernements peuvent contribuer de façon importante aux Objectifs de développement du Millénaire des Nations Unies liés à la pauvreté ainsi que catalyser la transition vers une économie verte plus saine et plus durable. Je les conseillerai vivement à saisir cette occasion et à lever une autre menace pour la santé de millions de vie des gens ", a-t-il dit.

Une question-clé à l'ordre du jour de la conférence est également de savoir si les pays qui utilisent du DDT pour lutter contre les moustiques porteurs du parasite mortel du paludisme doivent continuer à le faire.

Alors que la Convention vise à l'élimination du DDT, il est reconnu que certains pays doivent encore utiliser ce pesticide afin de protéger la santé de leurs citoyens.

Les délégués de la Conférence vont envisager l'approbation d'un plan d'action pour promouvoir des solutions alternatives efficaces au DDT. La réunion mettra également l'accent sur l'expansion du soutien aux pays en développement pour éliminer les polluants organiques persistants à travers le monde et promouvoir des alternatives plus sûres pour la santé humaine et l'environnement.

 

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